Après avoir fait ma transition en course minimaliste l’été dernier et avoir couru mon premier semi-marathon pieds nus en Septembre 2024 (Auray Vannes), la suite logique était de courir un marathon…
Pour Noël 2024, j’ai reçu en cadeau une inscription au marathon de Paris.
L’objectif était évidemment de traverser la capitale pieds nus !

La préparation
Tout l’hiver, je me suis donc entraîné à renforcer mes pieds, mais également mon corps et mon esprit en perspective de l’epreuve.
Résistance au froid…


Renforcement de pieds…



Renforcement musculaire…


Résistance métabolique

Entraînement spécifique


Au printemps j’étais fin prêt a relever le défi !
L’épreuve
Les pavés parisiens…
Depuis le sas de départ sur les champs-Elysées j’ai un aperçu de ce qui m’attend sur les premiers kilomètres :
Du pavé, du pavé et encore du pavé !

Après avoir laborieusement franchi la ligne de départ (en raison des milliers de coureurs), mon attention navigue essentiellement entre 3 pôles :
- Les sensations plantaires et le contact avec le sol.
- La mise en place du métabolisme et le rythme respiratoire.
- L’anticipation du terrain juste devant moi.
Le soutien
Ma famille me suis et je les croise à plusieurs endroits. Je dois dire que ça fait du bien de se sentir soutenu.
Julie une amie parisienne, partage même quelques centaines de mètres avec moi. Ça me fait chaud au coeur.
Son effort pour me suivre m’impressionne d’autant plus qu’elle est habillé… en parisienne !

L’hydratation
Pour m’hydrater j’ai choisi non seulement d’être minimaliste, mais également de minimiser les déchets. Je porte donc juste un gobelet rétractable dans une poche, que je rempli aux points de ravitaillement en eau.
A chaque arrêt, ma dynamique de course est rompue mais je me conforte en me disant que je ne participe pas à l’amoncellement de gobelets jetés par terre.
L’envie d’uriner
Ayant souvent envie d’uriner, je m’étais fixé une pause pipi au bois de Vincennes. Arrivé là-bas je sens que je peux tenir encore un peu. Je m’autorise alors la pause seulement après avoir passé le 21ème kilomètre. Une fois passé la mi-course, de manière étrange, l’envie d’uriner me passe. Un arrêt en moins à effectuer !
L’alimentation
Je n’ai rien à manger sur moi et je ne veux surtout pas participer à la folie de la consommation de gels dont les cadavres jalonnent le sol. Ça me fait mal au coeur de penser qu’une partie ira dans la seine et donc inévitablement dans l’océan, déjà saturé de pollution plastique…
Je partage les mêmes valeurs que mon partenaire RESPEKT, et c’est la raison pour laquelle je porte leur T-shirt en Cotton bio !
Le dépassement de soi c’est une bonne chose, mais pas au détriment de notre environnement !

N’étant pas parfait, sur une perte de lucidité, je craque pour un gobelet d’électrolytes.
Je le regrette tout de suite !
Erreur de débutant…
Ne jamais consommer quelque chose de nouveau pendant une course !
Non seulement la boisson est sucrée et fait donc péter mon challenge du mois d’avril sans sucre, mais en plus elle me remue l’estomac.
Impossible de flinguer ma course à cause de ça !
Heureusement je trouve une banane au ravitaillement suivant pour tamponner la boisson et calmer mon estomac.
Le mur
Pour moi le mur arrive après 32 km (mon record pieds nus jusque là). Je rentre alors dans une nouvelle zone d’inconnu et de dépassement de moi-même.
Passé les quais et les tunnels, tous les coureurs autour de moi semblent également être dans le dur. Même le gars qui mettait l’ambiance depuis le début en criant des trucs drôles, s’est refermé sur lui-même.
La nouvelle cible
A 35 km, je sais que j’irais au bout. Je fixe alors une nouvelle cible :
Passer sous la barre des 4h de course.
La masse des coureurs est compressée par la foule sur les bords de la route et beaucoup se sont mis à marcher. Le rythme est considérablement ralenti et, au milieu de ce nouveau bouchon parisien, aller chercher mon nouvel objectif s’annonce compliqué.
Je fais un effort immense pour accélérer, slalomer et doubler.
Je comprends que le marathon se joue au rythme d’une masse… Casser ce rythme pour s’extraire de la masser et aller plus vite que la musique demande une énergie énorme.
Heureusement, au 40ème kilomètre, je croise ma famille qui hurle pour me soutenir. Ça me donne un coup de boost pour attaquer les 2 derniers kilomètres.
Je cours alors contre le temps.
Ma vision se rétrécie dans un tunnel, comme un chasseur primitif focalisé sur sa cible.
Je ne vois qu’une chose :
La ligne d’arrivée… le plus vite possible !

Ça va se jouer à rien…
350 m….
Un virage…
J’aperçois enfin la ligne d’arrivée…
Je tape un dernier sprint pour franchir la ligne comme un coureur de 100m…
3h59’44” !!!
Je passe sous la barre des 4h, à 16 secondes près !


La consécration
Je l’ai fait ! J’ai couru un marathon pieds nus en moins de 4h !!!
Shooté aux endorphines, je rejoins ensuite ma famille pour immortaliser le moment devant l’arc de Triomphe !

La récompense
Depuis peu, j’ai pris la résolution de célébrer et de savourer avant de passer à la suite.
Mon beau-père Peter (qui a lui même couru le marathon de Paris il y a plus de 20 ans), aime que les expériences fortes soient associées à des plaisirs gustatifs. Son idée d’un bon restaurant en famille pour fêter l’événement n’est donc pas pour me déplaire…
Je reconnais que de finir la journée tous ensemble autour d’une bonne table rend l’experience sensorielle encore plus complète !

Les pieds…
Forcement, la question qui intéresse tout le monde :
Comment vont des pieds qui ont couru 42 km (plus de 21000 impacts chacun) sur les pavés et l’asphalte ?
La réponse :
Aussi incroyable que cela puisse paraître, ils vont très bien !


Comme quoi le corps humain a un potentiel incroyable !
Je remercie alors tous ces mois d’entraînement en hiver qui m’ont permis de créer les adaptations nécessaires.
Contrairement à ce qu’on peut penser, mes pieds ne sont pas devenus plus durs…
Il sont devenus plus souples !
La suite…
Je n’ai pas forcément adoré l’expérience du marathon en elle-même. Durant la course, je me suis même dit que ça serait mon dernier…
Mais une fois arrivé, je ne peux m’empêcher d’avoir envie de battre mon temps. Jamais je n’aurais pensé être pris dans ce jeu là…
Mais l’idée de créer les adaptations physiques qui me permettraient de maintenir une allure plus rapide m’enthousiasme énormément.
Maintenant que mes pieds sont adaptés au contact direct avec l’asphalte, je vais pouvoir m’entraîner en mettant plus d’impact pour générer plus de force et pouvoir conserver de l’intensité sur la distance.
J’ai également envie d’entraîner mon métabolisme à mieux utiliser l’oxygène et les graisses.
Enfin l’idée de revivre ce genre de moments en famille dans de nouvelles villes me plait beaucoup.
Le prochain défi
En attendant, le prochain rendez-vous sera local et en bord de mer…
Mon rite de passage de l’année 2025 :
Le tour du Golfe du Morbihan sur 175 km à l’occasion de l’Ultra Marin fin Juin !
Si je n’ai pas l’intention de le courir pieds nus, une nouvelle transformation d’ampleur sera nécessaire pour réussir ce nouveau défi…
Mais pour l’instant je savoure encore un peu sur Paris avant de reprendre l’entrainement et la suite de l’histoire…

