Depuis des décennies, la montre est devenue l’outil incontournable du coureur.
Mais comme je ne m’identifie pas à « un coureur » — et que j’aime questionner les cultures dominantes — j’y ai vu une opportunité : ouvrir un nouveau chemin.
La montre nous donne en temps réel :
- l’allure
- la durée d’effort
- la fréquence cardiaque
- la distance parcourue
Et ensuite encore plus de données :
dénivelé, cadence, calories, longueur de foulée, etc.
Autant de chiffres…
Autant de filtres entre nous et l’expérience.
Ces chiffres captivent l’attention, souvent au détriment du ressenti.
Encore une fois, la pensée prend le dessus sur la sensation.
On se demande :
Quelle est ma fréquence cardiaque ?
Au lieu de : comment est ma respiration ?
Quelle est mon allure ?
Au lieu de : comment rebondissent mes jambes ?
Et puis vient le sempiternel :
« Combien de temps depuis le départ ? »
ou « Combien de kilomètres encore ? »
Pendant ce temps-là, on oublie d’être simplement là.
Présent. Vivant.
En enlevant la montre, j’ai redécouvert une autre façon de courir.
Je n’étais plus dans la performance, mais dans la présence.
Plus dans la vitesse, mais dans la fluidité.
Tellement absorbé par les sensations que j’ai fini par retirer le t-shirt, juste pour sentir le vent et la pluie sur la peau.
Et devinez quoi ?
Je n’ai jamais pris autant de plaisir sur une course.
Cela m’a rappelé cette citation d’Alan Watts :

Certains disent que la course à pied est à l’image de la vie.
Moi, je me dis juste :
Et si on courait moins pour performer, et plus pour ressentir ?


