J’ai remarqué que les plus grands apprentissages ne viennent jamais quand tout est fluide et familier.
Ils apparaissent quand quelque chose en moi résiste — quand je me sens maladroit, déstabilisé, ou simplement… perturbé.
Mais derrière cette perturbation, il y a souvent un trésor :
un nouveau mouvement,
une nouvelle compréhension,
une version plus souple de soi-même.
La semaine dernière a été une semaine d’initiations.
Mardi matin, j’ai été initié au Wing Chun, un art martial chinois.
Une apparente simplicité, et une complexité fascinante.
Un peu comme un jeu de Go en mouvement.
Je me suis senti complètement perdu.
Et c’était parfait.
L’après-midi, j’ai testé un nouveau concept de mouvement imaginé par un ami entrepreneur.
Il m’avait demandé un retour honnête.
Alors je lui ai dit la vérité, sans détour, avec bienveillance.
Je crois que c’est une forme de respect profond :
honorer le courage de l’autre par la sincérité.
Et j’aimerais qu’on se dise plus souvent les choses comme ça —
pas pour critiquer,
mais pour s’aider à grandir.
Mercredi, j’ai initié Hugo, un chaman mexicain, à la baignade d’automne.
Expérience intense.
Au sauna, il m’a montré des exercices respiratoires pour réguler la « chaudière interne ».
Jeudi, il m’a à son tour initié à une cérémonie maya.
Impossible à décrire.
Mais j’en suis ressorti léger, fluide, ouvert.
Tout cela m’a rappelé une vérité simple :
Se laisser perturber, c’est un entraînement pour la vie.
Notre cerveau adore répéter les mêmes chemins.
Mais c’est dans la perturbation, dans l’inconfort, que de nouveaux circuits se créent.
C’est une forme d’hormèse cérébrale : un petit stress qui rend plus souple.
Les arts martiaux appellent cela le Shoshin,
l’esprit du débutant.
Alors restons des débutants.
Exposons-nous à l’inconnu.
Bougeons avec ce qui nous bouscule.
C’est là que la vie circule.
La vie te perturbe pour t’assouplir.
Danse avec.
