Dans ma préparation à mon rite de passage de l’année 2025 : l’Ultra Marin (le tour du Golfe du Morbihan sur 175 km fin juin), j’ai ressenti le besoin d’une dernière grosse étape nocturne un mois avant.
Au départ j’avais imaginé poursuivre ma quête du GR34 Bretagne Sud jusqu’à la presqu’île de Rhuys. Le problème est que, ayant longé la portion l’été dernier en kayak avec mon pote Seb, je n’étais pas du tout enthousiaste à l’idée de la parcourir de nouveau à pied…
L’opportunité
Il y a quelques semaines, ma mère m’a demandé de l’aide pour l’accompagner à l’hôpital de Saint-Malo, où une intervention chirurgicale était programmée pour elle. Lorsqu’elle m’a dit qu’elle devrait y passer la nuit et que je ne pourrais la ramener que le lendemain, j’ai tout de suite vu mon opportunité de passer du temps dehors sur les sentiers de Bretagne nord !
Après avoir étudié la carte, j’ai décidé de parcourir la première portion du GR34 (ou la dernière suivant le sens) entre le Mont-Saint-Michel et Saint-Malo.
Se rendre au point de départ
Après avoir déposé ma maman à l’hôpital le matin, je me suis mis en tête de me rendre au départ en autostop.
J’adore les itinérances d’un point A à un point B, mais pour cela il faut trouver un moyen de se rendre au point A. L’autostop est un moyen simple et fun que j’ai décidé de développer.
Si j’ai déjà effectué des performances avec ce moyen de transport (notamment avec un Fouras – La Turballe en moins de 5h30 !), le trajet entre la cité corsaire et le Mont s’avère très compliqué…
Je trouve un premier chauffeur pour me sortir de Saint-Malo rapidement. Une fois embarqué, je réalise que j’ai laissé mon porte feuille dans la voiture de ma mère. Je suis donc sans argent. « Tant mieux » me dis-je, « l’aventure sera encore plus intéressante ! »
Passé un départ encourageant, j’éprouve quelques difficultés à me faire embarquer de nouveau au niveau des échangeurs de voies expresses…
Pour entretenir la dynamique positive, rien de tel que le mouvement, alors je bouge et je change de stratégie. Je décide même de faire une pancarte (chose que je ne fais pas d’habitude) pour indiquer ma destination et communiquer mon objectif.

Comme je le mentionne dans le podcast Les échappées du leadership : j’aime mettre des cibles… Le fait d’afficher mon but semble ici m’aider à avancer.
A Dol-de-Bretagne, c’est finalement Julien, un Belge fan d’aventure, qui m’embarque et m’emmène jusqu’à mon point de départ pour le simple plaisir d’aider un inconnu !
Le départ
Je me trouve donc une nouvelle fois au Mont-Saint-Michel, pour une nouvelle micro-aventure (voir Bay2Bay, GR39 et autres expériences…).
Mon intention étant d’aller d’une cité fortifiée à une autre, je décide de démarrer derrière la porte de l’enceinte.

Je prends ensuite la direction du barrage pour traverser le Couesnon.
Problème : Le barrage est fermé pour travaux de maintenance ! Je suis bon pour aller chercher le pont suivant à 2 km au sud.
Lorsque j’arrive de l’autre côté du barrage après un détour de 4 km (et presque une heure de marche) je réalise que les ouvriers se sont déplacés et que les gens traversent en passant sous la rubalise !
Même si mon intention est de faire des bornes, ce détour me démoralise un peu. Pour relancer la dynamique, je décide de me mettre à courir en direction de l’imense Baie du Mont-Saint Michel.

La Baie du Mont-Saint-Michel
La baie est immense et le sentier qui la longe semble infini. Je me dis que c’est un bon entraînement mental pour l’Ultra et je porte mon attention sur des randonneurs au loin que tente de rattraper progressivement.
Le Mont s’éloigne progressivement dans mon sillage…


La monotonie est un peu cassée lorsque j’arrive sur les petits villages qui bordent le fond de la Baie.
Pour me donner un coup de boost, je me met en quête de partager un café (offert par des gens), une de mes spécialité ! Si vous n’avez pas lu mon livre Cueillir l’horizon, voici ma technique pour me faire offrir le café en itinérance.
Ce café je vais finalement le partager un groupe de retraités qui rentrent de la pêche à pied. Le moment est hyper convivial et me redonne immediatement de l’energie !

La météo…
Le temps est parfait, il fait ni trop chaud ni trop froid. En témoigne le baromètre local…

Le GR34 comme je l’aime
Arrivé à Cancale, le sentier prends une forme bien plus intéressante… et escarpée.

Au loin j’aperçois le Mont-Saint-Michel qui s’efface. Lorsque j’arrive à la Pointe du Groin, la simple pensée que j’étais au Mont quelques heures auparavant semble elle aussi être un mirage…

Passé la pointe, les rayons de soleils passent derrière une épaisse couche nuageuse. Le promeneurs délaissent progressivement le sentier et je fini par me retrouver seul sur les falaises frappées par le vent et les vagues.

La nuit
Le jour touche à sa fin et je continue mon parcours dans la noirceur.
Alors que la portion que j’emprunte est très sauvage et que ma réserve en eau a fortement diminuée, je décide d’arrêter de courir pour limiter la déshydration.
Finalement vers 23h, je rencontre un habitant qui me rempli gentiment ma gourde. Je décide alors que je peux courir de nouveau. Je dois avouer que, même si mes jambes sont lourdes, repartir en trail de nuit à la frontale casse la monotonie et me fais du bien.
Vers 3h du matin j’arrive finalement à Saint-Malo après 77 km et 15h15 de rando-course.


Je pars ensuite retrouver ma voiture pour finir ma nuit à l’abris de la pluie qui se met à tomber.
La récompense
Le lendemain matin, ma mère me propose de m’offrir mon brunch avant que je ne vienne la chercher.
Un peu fracassé de la veille, je décide malgré cela de retourner à pied dans la cité fortifiée pour savourer ma récompense.

Comme par miracle, au sortir du magnifique petit déjeuner, le beau temps revient !
Je me sens revigoré. Avant de retourner à l’hôpital, je me jette dans les vagues pour finir de recharger mon énergie !

Cette micro aventure sur la côte nord me laisse avec un grand sentiment de satisfaction. Ma mère est également très satisfaite de son intervention. C’est donc rempli de joie que nous regagnons sereinement notre Bretagne Sud.

