Un antidote à la frénésie…

Un voyage du surf à la simplicité volontaire : comment revenir à l’essentiel et retrouver la vraie énergie de vivre, loin de la frénésie moderne.

La simplicité nous rend vivants

Il y a bientôt dix ans, je me suis réinstallé sur la côte Atlantique.
Et depuis, une routine simple et puissante, m’accompagne au quotidien.

Chaque jour (ou presque), j’enfourche mon vélo et je roule jusqu’à la plage.
Je laisse le vent siffler dans mes oreilles et le froid me traverser le visage.
Puis je me jette dans l’océan, quelle que soit la saison.

À chaque immersion, je ressors vivant.
Énergisé, mais calme. Clair. Recentré.
Un retour au centre du centre.

Ces derniers jours, les vagues étaient belles.
J’ai sorti mes palmes pour aller jouer dans le ressac — du bodysurf brut et joyeux, comme un enfant qui rit sans se regarder faire.

Et là, une pensée m’a traversé l’esprit :

« Et si je me rachetais un surf ? »

Je me suis imaginé glisser plus longtemps, manœuvrer, danser avec la vague.
Cette petite euphorie m’a traversé — l’excitation familière qui promet une version améliorée de soi grâce à un objet.

Puis je me suis souvenu pourquoi j’avais vendu ma dernière planche :

  • Les vagues exploitables sont rares ici
  • Il faudrait prendre la voiture, dire adieu au vélo
  • Il faudrait faire de la place dans le garage
  • Et bien sûr… payer la planche

Et en y pensant, j’ai compris ce qui était vraiment en jeu :
sacrifier ce qui me rend heureux maintenant pour acheter quelque chose dont je n’ai pas vraiment besoin.

Un mirage.
Un piège dans lequel je suis tombé plus d’une fois.


Le piège invisible du “toujours plus”

Notre époque nous murmure sans cesse que plus, c’est mieux.
Plus d’objets.
Plus d’options.
Plus de performances.
Plus d’activités.
Plus de vitesse.

On nous raconte que le bonheur est quelque part dans l’accumulation.

Et pourtant, chaque fois que j’ai ajouté plus, j’ai retiré quelque chose d’essentiel :
du temps,
de la présence,
de la liberté,
de l’espace intérieur.

Depuis plus de dix ans, je pratique la simplicité volontaire.
J’essaie de laisser du vide.
De protéger mes ressources les plus précieuses : mon temps, mon attention, mon énergie.

Parce que je vois ce qui se passe dans le monde autour de nous.

Le Black Friday n’est plus une journée :
c’est devenu une semaine, puis maintenant un mois entier dédié à consommer davantage.

Les agendas débordent, les téléphones vibrent, les timings se resserrent.
Et dans cette agitation collective…

on en oublierait presque de vivre.

La frénésie — “état d’exaltation violente qui met hors de soi” — est devenue la norme.
On court pour remplir un vide que rien ne pourra jamais combler.
L’énergie humaine se vide ou s’embrase sous la pression du productivisme.
Burnout et dépression ne sont plus des exceptions : ce sont les effets secondaires d’un monde qui confond intensité et vitesse.


La voie du moins

Devenir simple, aujourd’hui, est presque un acte de résistance.

Moins ne veut pas dire manquer.
Moins veut dire respirer.
Laisser de l’espace.
Laisser entrer la lumière.

Le trop occupe. Le trop étouffe.
Il nous détourne de l’essentiel.

Le vide, lui, est un espace sacré :
c’est là que le souffle s’approfondit,
que l’intuition devient audible,
que l’essentiel se révèle.

Et quand je choisis le simple, quelque chose s’ouvre.
Je redeviens léger. Disponible. Vivant.

Souvent, c’est dans les gestes les plus humbles que je retrouve la vraie puissance :


Boire un café en silence au petit matin…

Regarder le soleil se lever derrière les arbres…

Marcher pieds nus sur le sable…

Plonger dans l’océan !

Des choses qui ne coûtent rien, mais qui valent tout.
Parce que la joie n’est pas dans l’accumulation, mais dans l’intensité avec laquelle on vit ce qui est déjà là.


Revenir au vivant

Voilà mon antidote :

Je m’assois.
Je respire.
Je laisse le vide exister.
Et quand l’énergie circule à nouveau, je prends mon vélo… et je plonge.

Simple. Épuré. Puissant.

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