Ramener un tronc à la maison, l’Eudémonisme en action !

Avec mon pote Seb (que j’ai rencontré il y a quelques années en emmenant les enfants en Brouette à l’école), on s’est donné rendez-vous à la plage pour prendre le goûter avec les enfants après l’école.

Notre idée est de profiter du passage sur la côte pour ramener un gros tronc d’arbre échoué dans l’idée de fabriquer un banc. Simple et efficace.

Après avoir pris le goûter assis sur notre tronc d’arbre, on décide donc de le ramener au camion de Seb.

Petit problème : le tronc d’arbre bien humide pèse plus de 200 kg.

Autre petit problème : le tronc est échoué à des centaines de mètres du parking.

On réalise alors qu’il va falloir être à la fois stratégique… et ultra physique.

Seb fini de se charger en glucides avant d’appeler les enfants pour un coup de main.

On n’est pas moins de deux adultes et cinq enfants pour faire rouler le tronc direction l’océan.

Nous avons décidé de mettre le tronc à l’eau pour le transporter sur une partie du chemin. Cette idée ingénieuse nous conforte dans notre capacité à nous adapter et à devenir de grands aventuriers un jour ! On se voit déjà créer un nouveau type d’embarcation avec la bille de bois. On imagine même un futur projet où irait prendre un café au Croisic en tronc d’arbre…

Enfin arrivés au bord de l’océan, on pousse notre embarcation à l’eau…Ou plutôt sous l’eau ! Le tronc est tellement lourd qu’il ne flotte quasiment pas. Il est sous la surface de l’eau ! 

Il va falloir revoir notre projet de traversée de la baie en tronc d’arbre… 

En attendant, on doit pratiquer un nouveau sport : 

Du longe côte avec un tronc d’arbre…  sous l’eau !

Une fois arrivés au bout de la plage, on le sort enfin de l’eau. On fait alors deux constats :

  • Le tronc d’arbre est deux fois plus lourd.
  • Il faut maintenant le faire remonter toute la plage.

Les enfants sont partis jouer. Maintenant c’est juste Seb et moi. Ca tombe bien, le plus dur reste à faire !

Moi qui aime toujours faire les choses les plus dures en premier (« manger la grenouille » comme dit l’expression), je reconnais que c’est assez intéressant de faire une tache qui, à l’inverse, devient de plus en plus dure au fur et à mesure.

Alors on s’agenouille dans le sable et on pousse le tronc. 30 cm par 30 cm, il remonte tout doucement.

Heureusement, Nico, un autre Papa de l’école arrive lui aussi avec ses enfants. Il vient nous prêter une troisième paire de bras. En retour il gagne une séance de sport improvisée.

Notre action n’est pas sans rappeler celle de Sisyphe qui pousse son rocher, à une différence prête :

Le but est de ramener le morceau pour en faire un banc et non de le pousser pour l’éternité !

Au-delà du projet de banc, je pense qu’on est même en train de créer un nouveau modèle sociétal :

Des papas qui vont chercher leurs enfants à l’école… 

Qui les emmène à la plage pour le goûter…

Et qui repoussent leurs limites sur un défi physique, dans la cohésion, la joie et la bonne humeur !

Et puis le tronc arrive enfin dans le camion.

La fin est aussi belle que dans un bon Disney :

Les papas se retrouvent assis sur le banc à trinquer autour d’une bonne bière !

La morale de l’histoire 

2 philosophies s’opposent dans leur recette du bonheur :

L’Hédonisme, qui prône la quête du plaisir et l’absence de douleur et de souffrance. Complètement irréaliste, cette approche de la vie a même l’effet inverse et rend les gens misérables.

L’Eudémonisme qui prône un bonheur dans l’accomplissement et la quête de sens. A l’inverse cette philosophie n’exclue pas les obstacles, la douleur et la souffrance. Elle les intègre comme faisant partie du chemin.

Vous l’aurez compris, je penche pour l’Eudémonisme. Pourquoi ?

Tout d’abord parce que cette approche de la vie permet de trouver du sens dans l’adversité et de sourire face aux difficultés.

Ensuite parce que cela permet de savourer une bière avec un pote sur un tronc d’arbre tout en ressentant de la satisfaction profonde…

Avant de trouver le prochain défi !

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