Ces questions incontournables que nous pose toute bonne Aventure…

«Les circonstances ne font pas un homme (ou une femme), mais le (la) révèle.»

– James Allen – (avec des ajouts de ma part…)

Depuis la crise du covid, j’ai trouvé un effet thérapeutique dans le fait de m’embarquer dans des aventures. J’entends par là des défis qui me permettent de confronter mes limites (physiques, mentales, émotionnelles…).

Pourquoi ?

D’après mes convictions, notre évolution se produit d’abord par la confrontation avec nos zones d’ombre. Et pour moi, l’aventure dans ce sens me présente un miroir brut de mes failles et de mes faiblesses, un pourvoyeur choisi d’adversité et un détecteur de contradictions à l’état pure.

Bref, ce type d’aventure c’est comme un révélateur puissant de nous-même. Si on ne veut pas savoir, mieux vaut ne pas y aller…

A l’inverse, si on veut des réponses pour évoluer, voici des questions que l’aventure peut nous poser :

Quelles peurs m’empêchent de me présenter au départ ?

Souvent sous forme d’excuses, ce sont généralement des peurs profondes qui m’empêchent de répondre aux appels des aventures qui m’attirent (c’est différent pour les appels d’aventures qui n’ont pas de sens pour moi).

Il n’y a aucun problème à ne pas m’engager dans une aventure. L’important surtout que je sache pourquoi.

Personnellement lorsque je n’y vais pas, c’est souvent parce que j’ai peur de voir mon équilibre (comprenez ici « ma zone de confort ») perturbé.

Récemment j’ai décliné une journée de pêche en mer sur un chalutier sous prétexte d’être fatigué au retour de mon périple marquant de 350 km de vélo (les excuses ont toujours un côté valables…). Pourtant, c’est une expérience que j’aurais aimé vivre… Mais à ce moment-là, je ne sentais pas l’énergie pour m’embarquer dans une nouvelle expédition coup sur coup. J’avais envie de digérer mon périple sans nourriture (drôle de paradoxe, non ?) avant de pouvoir sortir une nouvelle fois de ma zone de confort.

Clairement, j’ai eu peur d’être trop bousculé !

Avec mon coéquipier Damien Chantrel au départ de l’aventure Porteurs d’Arbre.

Pourquoi j’ai envie de fuir l’adversité ?

Dans tout défi digne de ce nom arrive un moment où nous sommes confrontés à nos limites.

Cela peut prendre de nombreuses formes comme la peur, la douleur, le doute…

Le sport traditionnel nous apprend à aimer gagner, mais pour moi on passe à côté de l’essentiel.

De mon point de vue, cet essentiel ne devrait pas être la quête de victoire, mais plutôt la recherche de l’adversité.

Nombre de fois j’ai été enthousiaste à l’idée d’affronté un adversaire affaibli car cela augmentait mes chances de victoire.

Si un adversaire fébrile a l’avantage de me faire me sentir fort, il ne m’a jamais fait évoluer…

Aujourd’hui je souhaite que l’adversité soit au rendez-vous pour me mesurer réellement, comme j’ai accueilli la pluie continue qui est tombé sur nous lors du Bay 2 Bay.

J’essaye même souvent d’accueillir les problématiques comme une opportunité d’évolution.

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Avec mon coéquipier François Segond, l’adversité aura été une constante de l’aventure Bay 2 Bay… Jusqu’au bout !

Comment est-ce que je me positionne dans l’adversité ?

Qu’on se le dise, il n’est jamais agréable d’être au pied du mur et même renvoyé par le mur !

C’est pourtant là que réside toute la richesse de l’aventure.

Ne pas fuir, rester présent.

Récemment deux personnes m’ont expliqué leurs stratégies pour éviter la douleur lors d’efforts physiques intenses. L’une mettait la musique à fond et l’autre pensait à sa liste de course du soir.

Personnellement, j’aime rester là et observer. Porter son attention ailleurs est une très bonne stratégie pour éviter la douleur. A ce propos, les bonbons et les dessins animés soignent souvent mes enfants !

Néanmoins, je pense qu’il est encore plus riche de rester présent pour trouver le détachement qui me fera évoluer. Les enfants aussi auront besoin d’autres chose que des bonbons ou un écran pour évoluer…

Proche de chavirer, il nous a fallu rester pleinement présent pour finir le parcours en kayak avec Damien.

Quel est mon niveau d’honnêteté avec moi-même ?

La plupart d’entre nous aimons nous penser forts, courageux, intègres… et vertueux à toute les sauces. Nombreux se disent même sans peur et sans reproches.

La vérité c’est que nous ne le sommes pas toujours… Et c’est totalement OK.

La vraie aventure laisse peu de place aux mensonges que nous nous racontons. Elle met rapidement en lumière nos contradictions et nos croyances limitantes.

Encore une fois, je peux choisir de ne pas les voir.

Où je peux choisir de devenir un peu plus honnête avec moi-même…

Egocentré, Fatigué, Démotivés… L’aventure révèle nos limites !

Que se passe-t-il lorsque je n’arrive pas au bout ?

Pour être honnête justement, je vais vous raconter une histoire.

En 2020, avec mes coéquipiers Damien Chantrel et Fred Bourgeais, nous avons transporté un arbre en kayak entre le CHU de Nantes et La Turballe en soutien aux enfants atteints de la Leucémie. Le projet « Porteurs d’Arbre« .

En kayak ?

En fait non, c’était trop dur, mais nous l’avons fait avec notre énergie (Vélo et marche en plus).

Seulement avec notre propre énergie ?

Euh pas à 100%, nous avons dû être remorqué par la SNSM au large de Batz-sur-mer.

Mais l’histoire reste inspirante ! Cette action nous a permis de financer des casques de réalité virtuelle pour que les enfants hospitalisés puissent revivre le voyage de l’arbre en immersion.

Ça c’est ce que j’aimais raconter jusque-là. Mais c’était omettre qu’aucun enfant hospitalisé n’avait vu le film un an après avoir reçu les casques et un an et demi après l’aventure. Ni à Nantes, ni à St Nazaire.

Et puis récemment j’ai porté assistance à un adolescent qui venait de chuter en roller et de se fracturer le bras à Piriac-sur-mer. Le jeune était dans tous ses états en attendant les secours qui allaient l’emmener aux Urgences Pédiatriques de St Nazaire. Malheureusement, il n’aurait pas l’occasion de s’embarquer dans l’aventure Porteurs d’Arbre depuis son lit d’hôpital…

Alors si je suis arrivé à La Turballe en kayak ? Oui.

Mais je ne suis pas arrivé au bout du Projet Porteurs d’Arbre…

Rien de grave. Juste l’accepter et être honnête.

Ici lors de la livraison des casques VR en Novembre 2020… Depuis le projet attends toujours d’être concrétisé…

Pourquoi je fais ça ?

Bien souvent il n’y a pas de réponse évidente. Même les choses qui ont le plus de sens dans notre quotidien, peuvent en avoir beaucoup moins lorsque l’on pense à l’insignifiance de nos vies sur l’échelle de l’univers.

Mais au moins on peut toujours se dire que l’aventure nous permet d’engager ce questionnement avec nous même…

… Pour le simple plaisir d’évoluer !

Et pour vous, l’aventure et l’adversité ont-t-elles éveillées d’autres questionnements ?

« La qualité de votre vie est une réflexion directe des questions que vous vous posez. »

– Tony Robbins –

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