Comprendre la carte… En parcourant le territoire !

A l’école, je n’ai jamais été un élève extraordinaire. Cependant j’ai toujours eu un mode de fonctionnement très particulier…

Je n’ai jamais senti le besoin de réviser avant un devoir ou un examen. Ça m’irritait plus qu’autre chose. D’ailleurs je n’ai jamais rien appris bêtement par cœur.

Avant mon bac, j’ai préféré porter mon attention sur la musculation tous les soirs plutôt que d’ouvrir les cahiers de prises de notes qui ne me parlaient pas.

D’ailleurs, si au lycée je prenais des notes pour me donner bonne conscience et faire comme tout le monde, en études supérieurs j’ai complètement arrêté de le faire.

Cela n’a rien avoir avec un haut potentiel intellectuel, loin de là (je pense plutôt être dans la norme au niveau QI).

Là où je ne suis pas dans la norme en revanche, c’est que je suis clairement un rebel de l’apprentissage.

L’apprentissage est sacré et fait partie de mon expérience de vie. Tout comme je ne laisse personne me dire comment je dois vivre, je ne laisse personne non plus me dire comment je dois apprendre !

Alors j’ai développé ma propre méthode d’apprentissage.

Je l’appelle « l’apprentissage intégré » !

Comment ça marche ?

Tous ce que je veux apprendre doit être immédiatement intégré à ma vie.

Chaque apprentissage doit être une expérience que j’absorbe et à laquelle je fini par donner un sens dans ma représentation du monde.

Par exemple :

Pour apprendre les textes des pièces de théâtre en primaire, je devenais le personnage. Il faisait partie de moi.

C’est cette même méthode qui me permet de lire des livres et de ne plus avoir besoin de les relire après.

J’intègre chaque nouveau concept pour le mettre en pratique directement !

Par exemple :

Si un livre sur la respiration me suggère de me bander la bouche la nuit pour apprendre à respirer par le nez, je vais le faire le faire le soir même.

Si je découvre un nouveau concept philosophique, je vais l’appliquer à ma journée.

« Méditer dans un cimetière ? Ok je vais essayer ça… « 

Ainsi j’apprends les Praemeditatio Malorum, Amor Fati, Memento Mori, et autres Carpe Diem

Lorsque je lis un auteur, pour mieux intégrer ses enseignements, je me met à penser et agir comme lui. Ainsi vous avez pu me voir marcher pieds nus et construire des toilettes sèches comme Rob Greenfield ou encore créer des « backyard adventures » à la Beau Miles.

Tous les apprentissages doivent être absorbés, intégrés et matérialisés en des expériences concrètes.

L’apprenti sorcier, mon premier rôle ! Idéal pour aborder l’apprentissage par l’expérience… Et la transformation !

Ma stratégie préférée

Je suis entré de nouveau à la Fac à 28 ans (directement en Licence 3 par équivalence). Ma seule expérience du monde universitaire avait été un passage éclair d’un mois à l’âge de 19 ans en filière économique.

Pour ce retour au niveau supérieur et cette opportunité de décrocher une licence, il me fallait une nouvelle stratégie efficace (pour ne pas me faire à nouveau virer de l’amphi).

Au lieu de m’asseoir au fond de la classe j’ai choisi de m’asseoir devant…

J’ai même décidé de prendre littéralement le contrôle sur les rythmes des cours.

Si quelque chose n’avait pas de sens je bloquais le professeur pour qu’il clarifie, contextualise, donne une approche concrète.

Chaque cours, chaque livre, chaque apprentissage est pour moi un voyage. Si je n’en sors pas transformé, je n’ai rien appris.

Un mois de voyage avant les partiels, rien de tel pour intégrer l’apprentissage !

La limite de cette méthode

Plus jeune, lorsque je n’arrivais pas à sortir un apprentissage du domaine abstrait pour le ramener concrètement à l’échelle de mon expérience, je devenais fou de rage.

Je me suis vu jeter mes affaires dans ma chambre et boxer mon oreiller après ne pas avoir réussi à donner de sens aux fonctions mathématiques.

Alors j’abdiquais. J’avais décidé que ça n’avait aucun intérêt direct dans ma vie. Vu que me suis toujours moqué des notes, si je ne voyais pas l’intérêt, ça ne m’intéressait plus.

A la fac justement, quand les professeurs ne répondaient pas à mes questions, je quittais le cours.

Aujourd’hui j’ai encore de gros blocages avec certaines procédures administratives qui sont trop éloignées de mon expérience de vie concrète. Je lutte pour conserver mon calme et persévérer grâce à l’aide de ma compagne.

Ma vie, mon apprentissage, ma méthode…

L’échappatoire

Heureusement je n’ai pas toujours été aussi borné.

Pour ne pas perdre mon temps dans les matières qui n’avaient aucun sens pour moi, j’ai construit un jeu génial :

Essayer de deviner ce que les professeurs voulaient entendre… Et les baratiner !

Si je déteste l’apprentissage par cœur et le bachotage (qui n’ont aucun sens pour moi), j’ai toujours adoré me mettre les professeurs dans la poche en leur disant ce qu’ils voulaient entendre.

Si vous pensez que cette méthode n’est pas idéale. Celle de demander à un élève d’apprendre par cœur quelque chose qui ne fait aucun sens pour lui, l’est encore moins.

Ce n’est pas de l’apprentissage pour moi.

Demandez à un élève s’il préfère être un mouton qui broute de l’herbe ou un aigle qui s’envole au-dessus des cimes, vous verrez ce qu’il vous répondra…

Pour moi l’apprentissage c’est l’intégration volontaire d’une connaissance. Passer du savoir au savoir-faire pour arriver au savoir être.

Et au passage le « savoir voler de ses propres ailes »…

A défaut de donner du sens à la matière, je peux toujours jouer à faire semblant… Avec une carte c’est encore mieux !

La carte et le territoire

Pour transmettre des savoirs, nous créons une abstraction de la réalité. Nous la représentons sous une forme symbolique.

Les cartes que j’adore en sont le parfait exemple. Elles représentent un territoire.

Pour autant, la carte n’est pas le territoire.

Si je peux passer des heures à regarder les cartes (autant qu’à lire des livres qui sont aussi des formes de cartes), ça ne me suffit pas.

Pour les comprendre, j’ai ensuite besoin d’aller parcourir le territoire qu’elles représentent.

Mes derniers gros projets sont justement parti d’une carte (Porteurs d’Arbre et Bay 2 Bay). Mais concrètement, l’un a permis de planter un arbre symbôle d’espoir et l’autre a permis de récolter des fonds pour une association. Ils ont également été à l’origine de belles vidéos inspirantes.

Lorsque je regarde une carte, j’aime avoir à la fois la vue d’ensemble et en même temps pouvoir regarder certains points précis.

Et puis parfois j’ai un déclic, il faut absolument que je me rende dans un endroit qui m’intrigue pour mieux comprendre.

C’est notamment ce qui a motivé notre voyage en asie centrale en 2013 :

Qu’y a-t-il là-bas ?

Les forteresse du désert du KyzylKoum ! Vous voyez où c’est ?

C’est également ce qui a motivé ma sortie VTT d’aujourd’hui en voulant savoir si un passage indiqué dans les marais à 10 km de chez moi était praticable.

C’est encore ce qui me motive à aller voir ce qui se cache en vrai sous le tracé des GR du Projet Argoat

Voilà mon secret pour apprendre :

Inverser le processus d’abstraction pour le ramener concrètement dans la dimension de l’expérience…

Absorber l’apprentissage comme une nourriture enrichissante et l’intégrer en tant que nouvelle expérience de vie…

Parcourir le territoire pour comprendre la carte !

Bay 2 Bay, un peu de perspective au cœur de l’action…

En retour de mon expérience, je trace ma propre carte que j’ai le plaisir de partager avec vous…

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