GR 39 jour 1 : Départs et désillusion…

Non je n’ai pas fait de faute d’orthographe dans le titre et oui il y a bien plusieurs départs pour cette première étape du Projet Argoat en direction du Mont St Michel !

Le premier départ…

Mon idée est alors de prendre la route après avoir partagé un joyeux pique-nique avec les habitants de mon village.

Tout d’abord, je fais autant le plein de calories que de chaleur humaine avant d’aborder mon long périple à travers les forêts bretonnes

Ensuite, mon intérêt est également de montrer mon équipement aux enfants et de leur partager mon projet d’aventure…

Si la démarche de partir seul en vélo sur les chemins peut sembler individualiste, mon intention elle est toujours de servir en retour.

Je suis donc très heureux de répondre à toutes les questions des enfants.

J’explique mon itinéraire aux enfants du village…

Arrivé au moment de partir, le petit Silas me pose une dernière question :

« Et tu n’as pas peur ? »

A une époque j’aurais surement donné la réponse qu’on attend de tout homme virile :

« Non je ne connais pas la peur, petit. »

Mais plus maintenant. Je préfère désormais l’honnêteté qui révèle ma vraie part d’humanité :

« Si j’ai peur. »

Peur de quoi me direz-vous ?

Peur de la douleur, peur de l’échec, peur des nuits seul en forêt…

Lorsque je faisais encore parti de ceux qui prétendent n’avoir peur de rien, j’évitais soigneusement les situations inconfortables pour bien rester dans la zone où je pouvais me targuer de ne pas connaître la peur… Ma zone de confort !

Aujourd’hui c’est différent. J’ai appris que mon évolution et l’évolution de ma capacité à servir les autres passaient par la confrontation avec l’inconfort, par le franchissement de ma zone de peur !

Alors je pars… Avec la peur à mes côtés.

Puis en mettant les premiers coups de pédale, je murmure tout bas pour moi-même ce que j’ai oublié de dire au petit Silas :

« … Mais je ne vais pas la laisser gagner ! »

Tout le jeu est là pour moi :

Confronter l’adversité pour en sortir grandi.

Je ne suis pas sans peur et sans reproche, je suis un humain faillible qui cherche juste à un être un peu meilleur chaque jour. Pour cela je vais confronter mes peurs et surtout ne pas les laisser prendre le dessus sur moi !

Départ du village…

Le deuxième départ…

Après 20km, j’arrive enfin aux portes du fameux GR 39 à Hoscas en Brière.

Une dernière publication sur Facebook avant de me déconnecter et j’attaque le chemin tant attendu.

En route pour le premier acte de ce projet aux 3 GR…

Départ du GR39 à Hoscas !

Le troisième départ…

En vérité, durant mes sorties d’entraînement, j’avais été emmené à parcourir les premiers kilomètres du GR 39.

Mais comme je l’ai mentionné dans l’article « Mon carburant secret », mon carburant étant la curiosité, j’ai besoin de l’inconnu pour avancer.

Dans mes repérages, j’avais donc décidé de ne pas aller plus loin qu’un petit calvaire qui marquait l’entrée d’un chemin rétréci.

Ça y est, je suis à nouveau devant…

L’inconnu m’ouvre enfin ses portes… Cette fois c’est vraiment parti !

Sortie de la zone connue…

Les premières difficultés…

Arrivé sur les bords de Vilaine, je comprends vite le but d’un GR :

Nous faire grimper !

Descente raide sur les pentes de la vallée de La Vilaine !

En pleine forme en ce début de parcours, je m’amuse des montées et des descentes dans les bois.

Après tout, c’est ce que je suis venu chercher.

A l’issue d’une session plutôt musclée sur les pentes de la vallée, j’arrive dans la petite cité de caractère de La Roche Bernard.

Je tente de coller tant bien que mal au GR qui semble moins bien balisé ici.

Lorsque je commence à réaliser que le parcours est fait pour me faire découvrir une grande partie de la ville, je passe finalement à quelques dizaines de mètres d’un endroit où je suis passé 10 minutes plus tôt…

Pire, le GR me renvoie vers le sud !

Je m’agace et décide d’arrêter de zigzaguer dans la ville à la recherche des marquages rouge et blanc.

Je file en direction du pont.

Une fois l’édifice franchi, je m’accorde une petite pose en mangeant une banane.

« Si c’est comme ça tout du long, ça va être compliqué me dis-je… »

Ranimé par l’afflux de fructose dans le sang, je repars pour aller découvrir la rive nord de la Vilaine.

Alors que je dévale la pente en roue libre, mon vélo se met à faire un bruit inquiétant au niveau des roulements de la roue arrière.

Cela fait seulement 50 km que je roule et ma monture présente déjà un signe de faiblesse… Aille !

A la fois agacé par le bruit et inquiet pour les centaines de kilomètres restant, je m’arrête pour démonter la roue et l’examiner.

Après l’avoir ausculté, je me résous au fait que mes faibles compétences de mécanicien ne me permettront pas de trouver une solution dans cette situation.

Je fais le choix de continuer en espérant juste que ça tienne. Mon acceptation de la situation est mise à l’épreuve à chaque claquement de la roue.

Malgré cela, comme le veulent les principes de ma méthode d’entraînement, je me force à focaliser mon attention uniquement sur ce que je contrôle…

Du coup, je respire, je pédale et je profite !

Les difficultés continuent…

Si j’ai intégré le fait que le GR est conçu pour me faire monter et descendre, j’ai encore du mal avec les détours qu’il me fait prendre.

Avec l’objectif d’aller au Nord, je veux bien bifurquer à l’ouest où à l’est, mais lorsque l’itinéraire m’envoie à l’opposé vers le sud, je suis psychologiquement en difficulté.

J’arrive finalement à Redon au bout de 7h, éprouvé par ce conflit d’intention.

J’ai fait 90 km en tentant de suivre aux mieux un parcours qui m’a fait tourner en bourrique.

J’ai besoin de me remonter le moral. Je décide qu’il me faut de la nourriture bien grasse et bon marché. Mon dévolue se porte finalement sur un Kebab frites que j’emmène avec moi sur les bords de Vilaine comme une mouette qui vole vers un coin tranquille pour aller grailler son déchet.

L’année dernière, j’ai fini ma saison d’itinérance sans argent et sans déchets, en me faisant offrir une nourriture bien meilleure. Aujourd’hui je paye pour acheter autant de nourriture que de plastique.

Au moins la terrasse du resto est sympa !

Entre ça et l’itinéraire qui m’envoie par moment vers le sud, j’ai vraiment l’impression de régresser.

Pour autant je rationalise :

« Je suis sur un nouveau niveau de difficulté avec une itinérance sur un GR…

Je n’avais pas encore d’intention concernant la nourriture dans ce projet…

Désormais j’ai un axe de progression :

Je vais faire mieux que ce Kebab-Plastique à 7,50 € ! »

Je ne m’attarde pas longtemps sur ces réflexions car il me faut maintenant trouver un endroit où passer la nuit…

Le campement…

Pour finir cette première journée compliquée sur une bonne note, j’ai besoin d’une petite victoire.

Je décide donc de ne pas m’arrêter avant d’avoir franchi la barre des 100 km.

Au bout de 8h de VTT, je les ai ! Je peux enfin monter dans le bois qui borde le chemin.

C’est bête, ce n’est qu’un chiffre… Mais il en faut parfois peu pour contenter un esprit en recherche de satisfaction.

100 km ! Une victoire pour conclure une journée difficile !

Dans le bois je trouve vite mon endroit entre les arbres. Dans ce genre de situation, j’ai intégré que le mieux était l’ennemi du bien.  Je me contente de 2 arbres espacés de 3 mètres pour y accrocher mon hamac.

Je n’aime pas encore les nuits en solitaire dans les bois.

Ça viendra surement avec l’habitude…

En attendant je compte sur la fatigue pour me faire quitter l’état d’éveil et diriger mon attention hors de l’obscurité qui gagne les sous-bois…

Prêt pour la nuit…

La suite dans le prochain article…

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