Tour de la Presqu’île Guérandaise en kayak…

L’année dernière, pour marquer le jour de mes 36 ans, j’avais envie de vivre une nouvelle expérience.

J’avais donc emmené mes enfants à l’école en brouette sur 4 km…

Cette année, pour marquer le jour de mes 37 ans, j’avais de nouveau envie de vivre une expérience originale…

Ça ne s’est finalement pas passé comme prévu puisque ma fille a eu les premiers symptômes de varicelle la veille… J’ai donc dû annuler ma sortie pour la garder à la maison.

En remettant mon projet à la semaine suivante, j’ai transformé ma frustration en énergie créatrice … Pour transformer le coup du sort de manière positive, j’étais déterminé à faire bien plus costaud que ce qui était prévu initialement…

Les ingrédients étaient simples comme toujours :

  • Ma brouette.
  • Mes enfants à déposer à l’école.

J’y ajoutais :

  • Un kayak (prêté par un voisin pendant un mois)
  • 10h pour aller le plus loin possible avant de récupérer les enfants !
Préparation du périple avec ma fille la veille au soir…

A l’image de MacGyver un de mes héros d’enfance, j’aime relever les défis les plus insolites seulement avec ce que j’ai sous la main.

Avec cette philosophie, quel que soit l’endroit où je me trouve ou les moyens qui sont à ma disposition, le monde représente un terrain de jeu infini pour créer une expérience de vie incroyable chaque jour !

Revenons à cette fameuse journée…

Je pars donc avec ma brouette, les enfants dedans et le kayak en plus cette année !

Exactement comme lorsque j’avais fait mon premier marathon improvisé en réalisant une boucle des trois pointes en courant (Pen Bron, Castelli, Merquel), je laisse l’idée finale de côté pour me focaliser sur des micros objectifs… Une étape à la fois !

Première étape : Arriver à l’école.

C’est très lourd. Malgré mes sangles d’haltérophilie, le chargement du kayak en plus des enfants m’envoie dans la zone rouge dès les premières centaines de mètres.

Petite pause dans le chemin…

Heureusement pour moi, mes enfants m’aident en décidant de marcher une grande partie du chemin. Je suis très fier d’eux !

On arrive finalement à l’école après quasiment 1h de marche et devinez quoi…

Enfin arrivées à l’école !

On est même en avance !

Quelle magnifique victoire du matin pour notre petit trio ! La journée est bien lancée !

Deuxième étape : La mise à l’eau

Alors que le soleil commence déjà chauffer l’atmosphère, je continu avec ma brouette et mon kayak en direction des marais salants.

Le soleil tape déjà sur la route des marais salants…

Mon idée est d’aller à la rencontre de l’étier qui serpente à travers les salines turballaises.

Ça y est j’ai trouvé le point idéal !

Je largue mon kayak et j’attache ma précieuse brouette à un poteau.

Les portes de l’inconnu s’ouvrent à moi !

Troisième étape : Descendre l’étier et sortir de la baie

En m’embarquant dans l’étier, je découvre un endroit très sauvage. A quelques kilomètres de chez moi, j’ai déjà l’impression d’être coupé de la civilisation. Incroyable !

Après une superbe descente, j’arrive dans la baie qui est tout aussi déserte.

Je m’oriente vers le chenal pour aller vers la sortie.

Les coefficients de marées sont importants et je suis en plein milieu de la descendante.

Je ne suis pas déçu par l’accélération dans le goulot du Traict du Croisic qui me propulse hors de la baie tel un modeste crachat.

Après avoir passé la pointe de Pen Bron, je me récompense avec une part de gâteau qui fait également office de petit déjeuner bien mérité !

Quatrième étape : Le port de La Turballe

Depuis la pointe de Pen Bron, je sais que j’en ai pour 5km jusqu’au port.

Alors que le soleil tape de plus en plus, je commence à ressentir une lassitude.

Je me dis alors que la journée va être très longue…

Le port de La Turballe au loin.

Connaissant bien cet endroit, mon enthousiasme est faible. Alors il me faut juste pagayer sans broncher. Je m’exécute.

Je m’accroche à la pensée que si je passe le port, je serais ensuite vraiment aidé par la légère brise de Sud-Est qui passera dans mon dos.

Après 4h de route dont 3h sur le kayak, j’y arrive enfin !

Devant la nouvelle digue du port.

La récompense prend cette fois la forme d’une bonne poignée de cacahuètes.

Le Castelli pointe maintenant le bout de son nez devant moi…

Cinquième étape : Passer la pointe du Castelli

J’ai enfin accepté que j’allais passer du temps dans le kayak aujourd’hui. Alors autant me mettre à l’aise en enlevant mes chaussures.

Ensuite j’ai une pensée pour Martial avec qui j’ai cheminé l’an dernier. Malgré une mobilité réduite, il avait atteint la Pointe du Castelli depuis la Turballe en parcourant 1 km par semaine… A 1 km/h !

J’ai aujourd’hui la chance d’être en pleine possession de mes moyens et je n’ai aucune excuse pour ne pas y aller en kayak !

La très légère brise est désormais complètement avec moi et je navigue calmement en gardant mon cap verrouillé sur la pointe.

Il est 12h30 lorsque je passe le rocher.

Deuxième pointe : Le Castelli !

Je dois récupérer les enfants à 17h30 (18h grand max). Je dois garder une marge d’une heure pour rentrer chez moi depuis le point où je descendrais du kayak. En gros j’ai jusqu’à 16h30 pour naviguer le plus loin possible…

Ça me laisse 4h !

Sixième étape : La pointe de Merquel

De ce côté de la presqu’île, la mer est d’huile.

Les cormorans sèchent au soleil.

Il fait très chaud mais, étant sur l’eau, je ne suis pas encore affecté par les 35° qui s’affichent sur les thermomètres.

Je glisse sereinement entre les rochers Piriaquais découverts par la marée basse.

Passé le port de Piriac, je m’offre la deuxième part de gâteau que je rends croquante en l’accompagnant d’une nouvelle poignée de cacahuètes.

Puis je longe les falaises en direction de la troisième pointe.

Mon cerveau invente en permanence un tas de défis, comme si un jeu constant de « cap ou pas cap » se jouait dans ma tête. Ça me procure à la fois un amusement incroyable et une sensation d’avancer.

Heureusement il y a un arbitre plutôt lucide qui décide des défis qui valent la peine d’être relevés.

Ne pas accoster jusqu’au bout de mon périple en kayak en était un… Jusqu’à ce que mon arbitre intérieur décide que c’était n’importe quoi et que je pouvais bien profiter d’une bonne baignade dans une crique.

Bien lui en a pris. J’ai même profité de cette incroyable rafraichissement par 2 fois !

Petite pause rafraîchissante !

A 14h je franchissais la pointe de Merquel.

Septième étape : Remonter l’étier de Quimiac

La marée est encore très basse et, entouré de pêcheurs à pied, je me demande si je ne suis pas arrivé au bout du périple de kayak…

Mais soudain je vois l’entrée du chenal !

Le chenal qui vers l’étier de Quimiac !

Petit problème : il n’y a quasiment pas d’eau.

Je décide alors de tirer mon kayak le long du petit ruisseau.

Les pieds dans la vase, je remonte doucement le chenal.

Dans le chenal justement je rencontre Éric, qui pêche des leurres. Quand je lui dis que j’arrive des marais salants de Guérande il n’en croit pas ses oreilles.

Je suis moi-même impressionné par les chiffres… Je viens de passer les 6 dernières heures à pagayer pour parcourir 28 km !

Éric m’apprendra finalement que pour remonter l’étier en profitant de la marée montante, il faut encore que j’attende 2 ou 3h…

Je n’ai pas assez de temps devant moi.

Je décide donc de mettre fin à la partie kayak.

Fin de la micro aventure en kayak dans le port de Kercabellec.

Je remet l’exploration de l’étier de Quimiac à plus tard et j’accroche mon kayak dans le petit port de Kercabellec.

Je confie ma pagaie à un ostréiculteur. Je ne choisis pas au hasard, mais je profite plutôt de l’occasion pour rencontrer celui qui fournira les huitres à mon futur mariage (Check !)

Puis je pars pour la dernière section…

Huitième objectif : Rentrer chez moi en courant

Je vais finalement boucler la boucle en courant sur 9 km.

On est au-dessus des 35°… Parfait. Rien de tel qu’un défi pour finir LE défi.

Je m’élance sur les sentiers de trail avec tout le style que peut avoir un kayakiste qui vient de passer la dernière heure à remonter un chenal envasé.

Je longe les marais de Quimiac en passant devant le magnifique domaine du Château de Tréambert.

Puis j’attaque l’asphalte chaude pour finir ma sortie d’anniversaire.

En entrant dans mon village, je croise Yoann le menuisier que j’avais croisé le matin même à 7h30 lorsque nous débutions nos journées respectives.

Ça y est, j’arrive enfin chez moi. Ma journée justement a été plutôt productive… Selon mes critères bien sûr…

Chez moi, déshydraté mais heureux !

Ma petite promenade à durée presque 9h !

Cacahuète sur le gâteau, j’ai parcouru 42 km !!!

A ce moment-là je sais que je viens de réaliser un truc unique au monde :

Un mix entre un marathon et un triathlon… En brouette, kayak et course !

Pour un mec qui aime faire les choses différemment, j’étais plutôt content de moi pour le coup.

Mais pourquoi tu fais ça….

C’est vrai que d’un certain point de vue on peut se demander l’intérêt de faire des trucs aussi bizarres…

Moi-même je me pose souvent la question…

Néanmoins lorsque je fais le bilan ici, voici ce que j’en tire :

Tout d’abord j’ai assumé mon rôle de papa aventurier. Non seulement j’ai emmené mes enfants à l’école, mais en plus j’ai vécu avec eux une nouvelle expérience et partagé une partie de cette aventure insolite !

Ensuite j’ai voyagé et j’ai même découvert des endroits où peu de gens sont allés !

Pour cela, j’ai utilisé ma seule énergie physique et j’ai fait avec ce que j’avais déjà.

Après avoir déjà passé 5 années dans cette magnifique région (que croyez-moi j’ai beaucoup exploré), je trouve encore des façons de la découvrir sous de nouveaux angles.

En partant de chez moi un matin, en marchant, j’ai finalement descendu une rivière, longé une côte, remonté un ruisseau et couru sur des sentiers…

Juste avec une brouette, un kayak et mes 2 enfants !