Après 6 jours de traversée de la Bretagne, nous arrivons sur notre étape finale…
Nous traversons l’Aulne maritime pour aller sur la presqu’île de Crozon.


La fin de journée approche. Nous pourrions atteindre notre objectif le soir même…
Cependant, nous préférons garder l’arrivée pour le lendemain. Nous voulons faire les choses en grand et nous souhaitons une fin spectaculaire !
N’ayant pas encore de plan précis sur la façon dont nous souhaitons terminer, nous nous arrêtons au bord du fleuve pour boire notre bière de fin de journée et débriefer.

La pinte fraîche passe bien et en appelle directement une autre.
Avec deux pintes dans le nez, nous nous sentons galvanisé…
C’est décidé, nous allons monter les 330m qui nous séparent du sommet du Menez Hom pour aller voir le soleil se coucher sur la presqu’île.



La montée est intense.
Nous arrivons finalement sur la crête balayée par le vent.
Puis nous assistons au spectacle grandiose du coucher de soleil sur la presqu’île !

L’idée de rester en haut pour voir le lever de soleil le lendemain nous traverse l’esprit.
Cepenadant nous appréhendons de dormir sur un sommet venté à même le sol…
Pour couper court à nos hésitations, avec Seb, nous avons établi un processus décisionnel simple…
Nous devons juste répondre à la question suivante :
« Que ferait Mike Horn ? »
…
La réponse est toute faite. C’est décidé, on reste au sommet !
On met toutes nos couches de vêtements. On s’enroule même dans nos hamacs.


Je jette un dernier regard aux feux d’artifices du 14 juillet qui illuminent les communes de la presqu’île avant de m’allonger dans un semblant de creux parsemé de crottes de lapins.
Finalement nous arrivons à prendre quelques heures de sommeil avant le spectacle de l’aube.
Emmitouflés dans nos sacs de couchage, nous assistons au lever de soleil sur les Monts d’Arrée qui nous ont vu passer la veille.




Puis nous dévalons la pente du Menez Hom en direction de l’Océan.

A Saint Nic, nous prenons un excellent petit déjeuner chez Patrick Labrosse (le phénomène local) avant de partir pour la dernière ligne droite.
En fin de matinée, nous arrivons finalement à la pointe de Pen Hir après 550 km de voyage !





Ce moment spécial ne me procure pas d’émotion particulière. Je pense que j’ai intégré que le bonheur était dans le chemin et, je savoure donc autant cet instant que tous les autres moments du parcours.
Qui plus est, j’ai envie de continuer et d’aller explorer la presqu’île…
Nous partons donc vers la plage de Pen Hat pour la baignade promise dans la mer d’Iroise.
Nous en profitons pour explorer les cavités de la pointe de Toulinguet.







Il nous reste un dernier défi…
Nous devons nous rendre dans le bourg de Camaret sur Mer pour une mission spéciale :
Il nous faut savoir si le curé de Camaret a bien les couilles qui pendent comme le dit la chanson…
Nous trouvons finalement la réponse.
Si vous la voulez, contactez-moi par message et je vous l’enverrais…
Un petit tour et puis s’en va…
Notre programme initial comprend une dernière nuit.
Nous décidons donc de partir faire le tour du cap de la chèvre et d’y trouver un endroit où dormir.
Nous ne pensions pas faire une dernière grosse sortie de VTT sur les chemins… Quel plaisir !
Nous longeons la côte sur le sentier côtier escarpé.
Nous faisons même un peu le spectacle avec nos vélos d’itinérance sur un sentier aussi technique.
Il faut dire qu’une chute pourrait être fatale.
Nous sommes dans « La Zone » !






Seb crève une dernière fois à la pointe du Cap. Quel bel endroit pour réparer son vélo !

Une fois réparé, nous partons en repérage de la plage qui nous hébergera la nuit venue.
Notre dévolu est finalement jeté sur Losmarc’h.



Après une dernière baignade dans l’Océan, nous cherchons un symbole pour donner du sens à la fin de l’aventure.
La bouteille que nous avons vidé à l’apéritif sur la plage va nous servir de messager…



Nous allons l’envoyer continuer le chemin pour nous… Nous émettons même l’idée qu’elle puisse nous ouvrir les portes de la prochaine aventure…
Je la jette en direction de l’Amérique en espérant qu’elle sera emportée par le vent de Nord-Est et le Gulf Stream…
(Ramenée par les vagues, Seb la lancera de nouveau…)





Ensuite, une fois le soleil couché, nous allumons un gros feu sur la plage.




Puis nous nous endormons autour des braises…
Le retour
Le jour se lève sur notre dernière journée. Il nous faut finalement rentrer chez nous.
En quittant la plage, comme un clin d’œil du destin, je crève une dernière fois !

Ensuite nous roulons des kilomètres pour sortir de la presqu’ile et aller jusqu’à Douarnenez.
Enfin nous empruntons l’ancienne voie de chemin de fer réhabilitée en voie cyclable entre Douarnenez et Quimper.


Arrivés à la gare de Quimper, un train s’offre à nous. Le départ est imminent. Je bloque même la fermeture de la porte avec la roue de mon vélo.
Installés dans le train, nous soufflons enfin en réalisant ce que nous venons d’accomplir…
Vitré – Camaret : 550 km…
Camaret – Quimper (Via le cap dela chèvre et Douarnenez) : 126 km…
Pour un dénivelé positif total supérieur à 9000 m !
7 nuits d’affilé à la belle étoile dont une au sommet d’un Mont et une sur la plage (1 nuit de plus pour Seb la veille du départ).


Je vais jusqu’à Vannes pour retrouver mes enfants chez mes parents.
Pour Seb, c’est plus compliqué : son arrêt, à Redon, est à plus de 50 km de chez lui !
Malgré cela, durant cette aventure il a atteint un nouveau niveau de résistance mentale. Il va donc expérimenter le tour d’humilité pour rentrer chez lui par ses propres moyens en roulant plus de 2h40 sous un soleil de plomb.
Pour ma part, le plus gros chapitre du Projet Argoat se termine.
Je dois maintenant trouver les ressources pour finir la boucle en parcourant le dernier des 3 GR de l’Argoat : Le GR38 entre Douarnenez et Redon.
Ayant déjà fait le trajet Douarnenez – Quimper, je repartirai de la dernière ville pour écrire les derniers chapitres de l’histoire.
A très bientôt pour la suite…

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