Le mois dernier, au début de mon challenge végétarien (Véjuillet Challenge), j’ai été rapidement exposé à une belle assiette de grillade sous nez…
Mon cousin m’a invité à reconsidérer mon défi et penser plutôt en termes de plaisir.
Ce à quoi j’ai répondu :
« Je ne crois pas au plaisir ! »
Vous l’aurez compris, je suis parfois un peu extrême… J’aime pousser les idées et les expériences à fond.
Le plaisir n’y échappe pas. J’ai aussi essayé… A fond !
Amoureux de la vie et du bonheur, j’ai tenté la voie hédoniste.
J’ai été jusqu’à bout du monde pour l’expérimenter pleinement.
Je vais vous raconter…

A 21 ans, une fois mon Brevet d’état des Métiers de La Forme en poche, je suis parti pour l’Australie.
Je partais chargé de bagages et de rêves. Je voulais m’y installer et devenir Athlète, ou Coach, ou je ne sais quoi encore…
En arrivant là-bas, j’ai rapidement été conquis par la sensation de liberté. J’avais un peu d’argent en poche et je pouvais aller où je voulais, faire ce que je voulais.
Mes rêves de construction allaient attendre un peu, d’abord j’allais profiter… J’allais me faire plaisir !
A chaque difficulté je changeais d’endroit pour prendre le chemin de moindre résistance et trouver l’autoroute de la gratification instantanée.
Et puis après avoir un peu vagabondé, je suis arrivé au paradis :
Le « wave ranch » !
Une collocation de plein pied coincée entre les montagnes et l’océan.
La journée dans les vagues et le soir à sortir dans les bars avec mes collocatrices danoises.



Allongé sur le trampoline, je prenais aussi le temps de contempler les nuages qui donnaient du relief au ciel bleu.
La nuit sous le porche, je contemplais d’autres nuages dont les éclaires zébraient l’obscurité et dont l’eau se déversait pour arroser notre paradis verdoyant.
La vie était plaisante…
Oui mais voilà, ma vie était aussi vide de satisfaction profonde…
Vide de sens !
Le problème du plaisir
Scientifiquement, le plaisir se résume essentiellement à une hormone :
La Dopamine.
La sensation de plaisir est associée à un largage de dopamine dans notre cerveau.
Malheureusement il y a un double problème :
- Nos stocks de dopamines sont limités.
- Nos récepteurs dopaminergiques développent une tolérance.
Concrètement ça veut dire quoi ?
Tout d’abord :
Après chaque montée il y a une descente.
Ensuite que nous avons besoin de toujours plus de stimulants pour nous faire plaisir (alcool, drogues, sexe, jeux, réseaux sociaux…).
Autrement dit, en cherchant constamment les stimulations sensorielles qui nous font « monter », on diminue en fait notre capacité de prendre du plaisir. A l’inverse, les descentes sont longues et difficiles… La déprime est juste de l’autre côté de la pièce…
Gonflé par les gratifications instantanées, j’ai fini aussi vidé que les pots de glace que je m’enquillais…

En quoi je crois aujourd’hui…
A l’inverse de la religion dominante qui nous promet le bonheur via le plaisir de notre prochaine acquisition ou experience, je pense que cette quête a plutôt tendance à nous rendre malheureux.
Si je ne suis pas indifférent aux petits plaisirs de la vie, je suis néanmoins en quête d’autre chose…
Par mes actions, je recherche aujourd’hui une satisfaction plus profonde et un épanouissement durable !
Pour moi cela comprend deux éléments :
- Accomplir des choses difficiles.
- Leur donner du sens.
D’où la philosophie Grandir pour Servir… Se dépasser pour mieux donner en retour !

Évoluer et Servir sont les deux choses qui ont aujourd’hui le plus de sens pour guider mes actions.
Traverser les forêt Bretonnes en VTT sur des centaines de kilomètres me permet de me dépasser et donc d’évoluer.
Partager ces expériences incroyables et les leçons que j’en tire sont pour moi un bon moyen de servir.
Voilà ce qui donne de la profondeur à mon existence !

Pour finir…
J’ai fais du chemin depuis mon voyage en Australie…
A l’image de l’Alchimiste de Coelho, j’ai finalement compris que mon bonheur ne dépendait pas de circonstances extérieures…
Qu’indépendamment du plaisir, il trouvait en fait sa source ailleurs :
Dans l’appréciation de chaque instant tel qu’il se présente !
Aujourd’hui, lorsque mes amis m’offrent une glace au détour d’une bourgade, j’apprécie autant le plaisir de la fraîcheur sucrée que les efforts brulants qui m’ont permis d’y arriver !

Et comme le disent si bien les Porteurs d’Arbre :
« Chaque instant comporte une part de magie…
… Reçoit cela comme un cadeau et profite de cette énergie pour avancer… »

… Et servir en retour !
