Hier, l’obscurité est tombée rapidement dans la forêt. En effet, de grosses formations nuageuses avaient assombrit le ciel qui commençait à gronder…
Au petit matin, je suis réveillé par des trombes d’eaux qui traversent ma bache pour venir humidifier mon couchage.
La foudre ne tombe pas loin. Le bruit du tonnerre suit rapidement l’éclair…
Inutile de paniquer, je ne peux rien faire.
J’attends sagement que ça se calme.
A 8h je ne tiens plus. Il faut que je décolle, que j’avance. Je démonte le camp pour aller me confronter aux éléments !
Il n’y aura pas besoin de baignade pour ce deuxième jour… J’aurais droit à une douche en continue à la place !
J’ai décidé d’avancer quasiment sans m’arrêter. Si je m’arrête trop longtemps je vais avoir froid. Alors je roule constamment en faisant juste des mini-pauses pour ingurgiter des calories.
Je profite de mes compétences à me faire offrir le café pour récupérer un peu de chaleur long du parcours.
L’écran tactile de mon téléphone ne répond plus à mes doigts dégoulinants.
Je navigue alors juste entre le balisage du GR, ma bonne vieille carte de la Bretagne… Et mon expérience !
Avec l’expérience justement, j’ai appris à trouver les anciennes voies de chemin de fer.
Je suis alors l’ancienne ligne de train qui rallie Plouay à la rivière du Blavet.
En m’arrêtant pour une courte pause dans ce qui fut un jour la gare du village de Landauvan, je rencontre Jeanine…
Jeanine à plus de 80 ans et elle a des souvenirs du train jusqu’à ses 10 ans… Il y a plus de 70 ans !


Pendant la deuxième guerre mondiale, des gens parcouraient l’itinéraire que je parcours actuellement en vélo.
Je me dis alors deux choses :
- On gagne toujours à rencontrer une Jeanine (sérieusement, toutes les Jeanine que je rencontre sont top !)
- La vie recèle de choses fascinantes… Pour peu que nous placions notre attention au bon endroit…




A l’image d’un train, j’utilise cette dynamique positive pour maintenir mon avancée. Je roule, je suis lancé, rien de m’arrête !
Je longe le Blavet…
Je traverse la forêt de Camors…
Si je suis en train de traverser mon département de naissance et j’ai pourtant la sensation découvrir un autre monde.
J’ai grandi à Vannes en bord de mer : L’Armor.
Là je suis dans les terres : L’Argoat… Un autre pays à quelques kilomètres seulement de mes origines !

J’avance en visant un village à la fois, et je les enchaîne un par un !
Arrivé à St Jean Brevelay, la pluie cesse enfin. Je prends alors le temps pour une pause plus longue. Je me sèche et enfile un haut sec avant de repartir.
J’ai vraiment bien avancé. A Tredion je profite de l’accalmie pour aller faire le tour du château.

Comme j’en avais l’intention, je suis en train de combiner toutes mes expériences des années passées…
- Je visite une région tout en faisant un trek à vélo.
- J’ai les réserves de nourritures qui me permettent d’être autonome et d’avancer vite.
- Je dors dans les forêts.
- Je me baigne dans les rivières.
- Je me fais doucher sur mon vélo.
- Je bois l’apéro au Saloon.
- Je me fais offrir des cafés par les gens.
…
Viens alors la question de savoir si je suis à nouveau capable de me faire offrir plus que des cafés…
Si j’ai largement assez de réserves de nourriture, je ne serais pas contre un peu de variété…
Je m’arrête alors dans une boulangerie pour savoir s’ils ont des invendus.
Sans hésitations, la patronne généreuse m’offre un sac avec deux brioches ! Les gens sont vraiment top !!!

Après un bon goûter je continue mon avancée vers l’est.
Je suis heureux comme un enfant lorsque je passe sous la voie express qui relie Vannes à Rennes. Pour moi, je rentre officiellement dans la partie orientale de mon département.

Petites histoires – Petites victoires… C’est ça qui me fait avancer !
La pluie m’a poussé à me dépasser et j’ai finalement parcouru 150 km.
Ce que j’aime m’élever dans l’adversité…
Comme dirait Nicholas Nassim Taleb :
« Etre Anti-fragile« , autrement dit, devenir plus fort grâce au épreuves de la vie !
Passé Molac, je vais chercher un campement pour la nuit.
En m’y prenant relativement tôt, je trouve un super endroit au sommet d’une forêt.

En contemplant les dernières lueurs du jour depuis les hauteurs, je reconnais le cri d’un chevreuil qui semble me souhaiter bonne nuit en traversant les fourrés.
Ça y est, je suis rodé aux nuits en forêt… Je peux dormir paisiblement.
Suite et fin dans le prochain épisode…

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