La pratique du trail est dans l’air du temps et pour cause : C’est un mode de course en pleine nature.
Autrement dit, cette pratique combine deux puissantes sources de bien-être :
- La course à pied.
- Être dans des espaces naturels.
Si pour ma part j’ai déjà expérimenté cette combinaison lors de défis personnels, j’avais envie d’enrichir mon expérience en participant à un évènement organisé. Je me suis donc inscrit sur le 15 km du « Vilain Bernard » à Nivillac.
Mais comme j’adore faire les choses différemment, j’avais envie d’aborder l’évènement de manière spéciale.
Mon idée était la suivante :
- Parcourir 30km en vélo avec des copains pour nous y rendre.
- Courir le trail de 15 km.
- Traverser la Vilaine à la nage Aller-Retour.
- Revenir par des sentiers de VTT.
En gros, mon intention était de transformer mon premier trail en raid multisport !
En puriste aux tendances minimalistes, j’avais également un idéal bien particulier…
Je souhaitais tout faire avec un petit sac à dos, le plus léger possible. Je comptais attacher le vélo pendant la course et être capable de courir en portant toutes mes affaires !

Retour sur cette après-midi particulière…
Étape 1 : L’aller à vélo…
Seb (mon coéquipier du GR37) est venu me retrouver chez moi. En voyant Seb déjà trempé après avoir parcouru les quelques kilomètres qui séparent sa maison de la mienne, je choisi d’emporter un haut de rechange. Quand on a un idéal minimaliste, le choix de prendre un vêtement de plus dans un sac à dos peut créer un conflit intérieur… A ce moment-là, la crainte d’avoir froid l’emporte. En contrepartie, je décide donc que l’apprenti minimaliste que je suis devra assumer pleinement la charge supplémentaire.
C’est donc sous la pluie que nous partons en vélo en direction du Nord. En bonne brute d’effort, Seb part sur les chapeaux de roues en m’imposant un rythme que je ne souhaite pas suivre… Et pour être honnête, que je ne peux carrément pas pu suivre même si je le voulais.
A St Molf, on retrouve Nico (mon coéquipier de l’itinérance sans argent et sans provisions) qui avait roulé depuis Batz-sur-mer.

Nous partons alors tous les 3 vers les bords de Vilaine pour la course. En trio, le rythme ralenti un peu… Ouf !
Alors que nous roulons le ciel se dégage. Je regrette presque d’avoir pris un vêtement en plus. Tant pis, je vais assumer…
Etape 2 : La course…
Arrivé à Nivillac après avoir roulé nos 30 km, je récupère fièrement le premier dossard de ma vie, numéro 533…

Je suis fin prêt pour mon premier trail en compétition. Dans une ambiance festive, nous somme 250 à prendre le départ depuis le stade. En manque d’expérience des bains de foule en mouvement, je veille à rester derrière Nico pour naviguer dans la masse.


Après avoir traversé quelques champs, on entre dans la forêt. Nico fait preuve d’aisance dans les sentiers des sous-bois et double avec facilité les coureurs les uns après les autres. Moins habile, je peine à le suivre dans ses manœuvres et il me distance petit à petit. Je tente de ne pas me laisser embarquer dans un rythme que je ne pourrais pas soutenir. Malgré cela, je veille à garder Nico de vue au loin pour avoir le sentiment de rester dans la course.
En traversant les zones boisées, je m’efforce de trouver un état de flow en me focalisant sur ma respiration dans le but de ne faire qu’un avec l’effort et la piste… Un avec l’instant présent.
Quelques rares pensées me traversaient l’esprit. Je choisis celle qui me font le plus avancer :
- Et si je ne laissais personne me doubler… ?
- Et si j’avais le niveau pour aller chercher la tête de la course… ?
Sans trop m’attacher aux pensées, je laisse consciemment l’instinct du compétiteur me gagner petit à petit. Mon attention est focalisée, comme si je chassais une proie. Je ne regarde plus derrière … Je suis à l’attaque. Je regarde systématiquement devant en me fixant le mini-contrat d’aller chercher chaque coureur qui me précède.

Ma respiration se cale de manière fluide sur les changements de rythme imposés par le terrain. Progressivement je remonte. Le dénivelé des bords de Vilaine me permet alors de faire parler la puissance de mes cuisses. Je rejoins finalement Nico. Je ventile fort mais je ne suis pas au maximum.
A moins de trois kilomètres de l’arrivée, j’ai encore une marge respiratoire pour accélérer. Je peux maintenant aller chercher la zone d’inconfort dans laquelle j’aime tant m’entraîner. Celle où je dépasse la douleur, où ça brule… Où je me sens fort !
J’entre finalement dans le gymnase pour franchir la ligne d’arrivée en force !
1h12. Je viens de courir les 15 km à 4’52’’ au km, soit plus de 12 km/h de moyenne. Je suis très satisfait. Nico nous avais fixé l’objectif de finir dans les 100, mais la c’est la cerise sur le gâteau… Pour mon premier trail en compétition, cette performance m’offre la 13ème place !

Mais ce qui me rend le plus heureux est le sentiment d’avoir donné le meilleur ce que pouvait donner et d’avoir eu la sensation par moment d’entrer en état de flow… Dans « La Zone ».
Maintenant je dois récupérer et redescendre. Avec Nico on débriefe rapidement la course tout en veillant à refaire le plein d’essence pour la suite…
Etape 3 : la nage…
Notre trio regagne les bords de Vilaine pour aller se poser sur un petit ponton. L’eau est un peu plus fraîche que je pensais et, face au vent, la rive d’en face ne semble pas proche…

Je ne prends pas le temps de cogiter et je me jette à l’eau rapidement. Je repasse en mode pleine conscience, de retour dans « La Zone », je me recentre sur la respiration et la glisse. J’arrive finalement en face. Je monte sur la rive avant de replonger et de revenir.

Je suis heureux d’avoir réussi à me recentrer après l’euphorie du trail pour réaliser la traversée à la nage avec aisance !
Etape 4 : le retour…
Nous avons une barrière horaire car Seb et Nico ont des rendez-vous respectifs.
Le retour comprend donc un peu plus de portion de route que souhaité. Malgré cela, je suis déterminé à traverser le marais de Petit Arm pour finir.
Pour valider cette belle journée en tant que Raid Aventure, il ne nous manque plus qu’une bonne portion de VTT dans la boue !


Bilan final
Cette journée aura donc été marquée par une belle première expérience de trail en compétition… Qui plus est, transformée en raid multisport !
Mais elle m’aura aussi permis :
De créer une aventure locale à faible impact environnemental…
De renforcer ma pratique de la pleine conscience en mouvement…
D’effectuer une avancée dans mon idéal minimaliste…
Enfin, de vivre une belle après-midi avec des copains en plein air !

Pour être transparent…
Si j’ai voyagé ultra léger, j’ai quand même dû compter sur Nico pour récupérer les gâteaux que l’organisation m’avait offert.
J’ai également gagné de précieuses secondes sur la course en ne transportant pas de pompe à vélo et de kit de réparation… L’histoire m’a donné raison, mais elle aurait aussi bien pu me donner tort…
Comme quoi, j’ai encore une marge de progression en tant que Raider Minimaliste !
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