Il n’y a pas de mauvais temps…

L’année dernière, j’ai emmené mes enfants à l’école en vélo tous les jours.

Tous les jours sauf un.

Ce jour-là, au moment de partir, j’avais réalisé qu’un des pneus de la remorque des enfants était à plat. Le temps nous était compté pour arriver à l’heure à l’école et j’ai donc pris l’option de la voiture à contre cœur (voir l’article Conflit de principes…)

Au final, je n’ai utilisé qu’un seul joker l’année dernière !

Pour cette nouvelle année de déplacements vers l’école en vélo, il me reste une infime marge de progression :

Le 100%… 0 joker.

Jusqu’à ce matin tout s’était bien passé. Autrement dit tout roulait.

Ça c’était evidement sans compter…

La première épreuve de l’année…

Debout dans le salon, je suis à un de ces moments charnières. Celui dans lesquels on peut se demander s’il est bon de persister dans le défi…

D’un œil j’observe ma fille malade qui s’est rendormie dans le canapé. Elle est forfaite pour la journée d’école et j’ai décidé de la garder à la maison. Néanmoins, il est hors de question que je la laisse seule à la maison pendant que j’emmène mon fils.

De l’autre œil j’observe les conditions climatiques qui se déchaînent derrière la vitre.

Après avoir pensé à toutes les solutions pour maintenir la dynamique vélo, j’ai finalement simplifié le problème pour le ramener à deux options :

  1. Je suis un papa raisonnable, je prends la voiture et je permets à ma fille de continuer de récupérer à l’abris dans l’habitacle de la bulle motorisée.
  2. Je mets les enfants dans la remorques bien couverts et on sort affronter la pluie et les bourrasques de vent dans la face… Je suis déraisonnable.

Quelques minutes plus tard alors que je roule vers l’école, je me fais une réflexion :

« Je suis un addict. Je suis accro au mouvement, aux éléments et aux défis… »

« Bon il faut dire qu’on a pas de joker cette année… Ça me donne quand même une assez bonne excuse pour prendre le vélo… »

C’est aussi ce que j’aime avec le vélo : Il stimule ma réflexion.

Heureusement pour ma conscience, mes enfants bien à l’abris dans la remorque, ne semble pas subir le fait que leur papa ait compulsivement besoin de bouger en exterieur et de pousser ses limites.

Pour eux c’est la routine, la norme.

Ce matin au passage on gagne même notre course contre le bus scolaire. Cependant, derrière le rideau de pluie qui couvre leur mini par brise, cette nouvelle victoire semble les laisser indifférents… La routine, la norme.

A l’inverse, assis sur le siège de celui qui motorise notre convoi, je suis pleinement vivement ! J’exulte d’être en mouvement malgré le frein du vent et le rinçage de la pluie.

La vraie addiction, celle qui pose problème, c’est quand le comportement compulsif nuit au gens qui nous entoure. Nous n’en sommes pas là. Ce matin, ma fille est revigorée par son bol d’air frais et mon fils a juste reçu 2 ou 3 gouttes qui vont sécher une fois dans la classe.

L’aventure ne s’arrête jamais…

Il est 11h30, j’ai dégommé ma « to do list » pendant que ma fille se reposait. 

Les draps couverts du vomi de la nuit ont été lavés…

J’ai fait un point téléphonique avec les entreprises d’installation de panneaux photovoltaïques…

J’ai changé les patins de frein du VTC…

J’ai installé des pédales mixtes sur mon nouveau vélo de route…

J’ai préparé le colis pour renvoyer l’ancienne box à notre opérateur…

L’avantage du besoin d’être en mouvement quand il est bien canalisé est qu’il peut annihiler toute procrastination !

Tient justement, « on va renvoyer le colis ! »

Le vent d’ouest nous ouvre une fenêtre d’éclaircie. On repart en vélo… Maintenant !

Ma fille au départ peu joyeuse d’interrompre son dessin animé, se laisse finalement entraîner dans notre nouvelle mission face aux éléments. 

Le colis est finalement déposé au point relai. Un nouveau point de coché sur ma check list. 

Maintenant direction la plage. On est juste à côté, ça serait trop bête de ne pas en profiter…

Heureusement j’ai pensé à prendre mon maillot de bain et ma serviette !

Pendant que je vais me tremper dans les rouleaux, je vois une petite tête me faire coucou depuis la cabine de plage où elle est à l’abris.

Au loin un énorme nuage venu du large fonce droit sur nous. J’ai juste le temps de la rejoindre dans la cabine avant qu’un rideau de pluie ne vienne doucher la plage.

Nous sommes bloqués dans notre petit abris en attendant la prochaine éclaircie. Ma fille va mieux. Nos regards se croisent, elle est heureuse de vivre ce moment complice avec son papa. Elle se nourrit de mon enthousiasme et je me nourris sa joie.

Ce qu’il faut retenir…

Heureusement, je ne me suis pas accroché à la pensée que j’étais déraisonnable. Cette pensée ne vient pas de moi. Elle vient des normes qui m’entourent.

Dans son livre « There is no such thing as bad weather », Linda Akeson McGurk nous explique qu’aux Etats-Unis, mettre son enfant dehors dans certaines conditions climatiques relève moralement de la maltraitance. A l’inverse, dans les pays nordiques, c’est justement le fait de ne pas mettre son enfant dehors dans ces mêmes conditions  qui relève de la maltraitance.

Ce qui est jugé comme « bon » ou « mauvais » relève en fait de la culture dans laquelle nous sommes.

Lorsque je vois le bien-être que le mouvement en extérieur et l’exposition aux éléments nous procure, je ne peux que souhaiter une culture dans laquelle il devienne la norme.

A défaut d’être dans une culture où « il n’y a pas de mauvais temps »,  j’ai décidé de créer moi-même la micro culture qui me semble bon. Celle où on va dehors !

Il pleut, tant mieux on va prendre une bonne douche !

Il fait froid, tant mieux on va devoir bouger !

Il y a du vent, tant mieux on va prendre un bon bol d’air !

Lorsque vous finissez cet article, je vous invite à sortir bouger dehors à votre tour.

En prenant votre bain de vitalité, ayez une pensée pour moi…

Et pour la petite victoire que vous êtes en train de nous offrir !

A noter : J’écris cet article pendant que ma petite convalescente fait la sieste. Néanmoins je compte bien sortir de nouveau en fin de journée ! Je me suis fait une auto-prescription matin, midi et soir…

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