Trail de St Nolff… Avec aller-retour depuis St Molf en vélo !

Fin octobre j’étais focalisé sur un projet majeur sur lequel je travaillais depuis quelques mois :

Mon mariage.

Ce projet a été une grande réussite pour nous, autant dans la forme que dans l’émotion qu’il a généré. Nous étions tellement bien préparés que nous avons pu vivre l’évènement dans un état de flow incroyable (voir l’article Comment ne pas être stressé le jour de son mariage…).

Néanmoins, autour des festivités, j’avais besoin de conserver la dimension physique qui m’est si chère (en tant que coach, aventurier et juste individu). Pour cela, j’ai sandwiché l’événement avec deux bonnes tartines de rendez-vous sportifs :

Le 1er début octobre avec mon premier trail transformé en Raid multisport (voir l’article Mon premier trail… Transformé en Raid Aventure…)

Et le 2ème , le week-end dernier avec mon deuxième trail officiel en compétition… Et encore une fois le petit plus qui fait la différence…

Si ces deux évènements m’ont permis de garder la forme, ils m’ont également permis de progresser dans la dimension mentale.

J’ai une nouvelle fois ramené un concept que je suis content de vous partager… 

Je l’ai nommé « Le Point de Focalisation » !

Pour illustrer le concept, j’aimerai vous raconter l’histoire du week-end dernier…

Samedi…

Avec mon pote Nico, nous nous sommes inscrits au parcours de 28km du Trail de Saint Nolff dans le Morbihan. Comme nous aimons les défis, nous avons décidé de nous y rendre la veille en vélo.

Pour cette nouvelle aventure, nos routes ont encore convergées à St Molf en Loire-Atlantique.

Après avoir profité de la superbe matinée en roulant 3h sur les routes de campagne, nous sommes finalement arrivés dans le pays vannetais. Nous avons ensuite profité du reste de la journée avec nos familles qui nous avaient rejoint.

Défi sportif et micro aventure locale combinée avec un week-end en famille et entre amis… Le combo parfait pour des papas sportifs et aventuriers !

Énergisés par une petite promenade autour du port de Vannes l’après-midi, puis par les pâtes bolognaises de mon beau-père et le gâteau au Rhum de la femme de Nico le soir, nous étions prêt pour la grosse journée du lendemain.

Dimanche matin…

Avec Nico nous avons décidé d’aborder le trail de Saint Nolff de manière différente. Lui qui l’avait déjà couru l’année dernière d’une façon intense, a décidé de courir plus relâché cette fois pour profiter pleinement du parcours. A l’inverse, excité par mon début de carrière de trailer, j’avais pour intention d’aller repousser mes limites… J’étais prêt à me faire violence. J’avais littéralement envie de « faire la course ».

Malgré ces différentes approches, nous prenions néanmoins le départ ensemble à l’arrière du peloton. Nico était à la bonne place pour trouver son rythme et moi pour appliquer ma stratégie favorite :

Remonter les coureurs !

Si vous êtes encore avec moi, c’est maintenant que je développe le concept du point de focalisation… 

Le Point de Focalisation…

L’idée est d’avoir une intention claire pour savoir où placer son attention. J’appelle l’endroit où l’on choisit consciemment de fixer notre attention Le Point de Focalisation.

Pour moi ce jour-là, visuellement, le point est situé sur le coureur de devant. Plus l’effort est intense plus le point doit être proche et concret. Suivant la distance, je fixe les chaussures, le dossard ou le sac à dos du coureur qui me précède. Je prends ensuite un rythme qui me permet de réduire l’écart avec ma cible visuelle. J’attends un moment de ralentissement de sa part pour le doubler. Mais juste avant de le dépasser, je m’assure d’avoir déjà la cible suivante pour ne pas laisser mon attention s’égarer.

Malgré cela, il arrive parfois que mon attention dérive et parte dans mes pensées. Comme en méditation de pleine conscience, lorsque je m’en aperçois, je la ramène sur ma respiration… Puis sur le point de focalisation que j’ai choisi.

Tout comme ce que je demande aux gens que j’entraîne, je m’efforce de me parler à voix haute pour prendre conscience de mon dialogue intérieur. Je filtre les mots pour ne laisser sortir essentiellement que des mantras positifs.

Avec la durée d’effort, l’espace entre les coureurs s’agrandi et il arrive que je n’ai plus de « cible suivante » lorsque j’en double un. J’imagine alors mentalement celui qui me précède avec le désir de le rattraper. Je guète sa moindre apparition au détour d’un sentier allongé ou de lacets dans la forêt. Cela me permet de maintenir mon intensité de course. Puis lorsque j’en vois finalement un au loin, je m’invente une envie de le manger pour prendre son énergie.

Malgré cette imagerie de chasseur paléolithique dopé au sirop de menthe, j’ai le plus grand respect pour les gens avec qui je cours. Je suis heureux de partager le sentier avec eux et je leur dois beaucoup, ne serait-ce que par le fait qu’ils me poussent à me dépasser. L’état d’esprit autour du trail est vraiment magnifique et je suis tellement reconnaissant de pouvoir en profiter… (Et de les manger aussi !)

Du respect et de la gratitude j’en ai également énormément pour tous ces bénévoles qui nous guident et nous offrent du ravitaillement. Je m’en veux presque de ne pas m’arrêter sur les stands et j’espère qu’ils n’ont pas l’impression que je les snobe. Mais mon intention étant de doubler le maximum de coureurs, je suis trop heureux d’en dépasser 2 ou 3 à chaque ravito ! Et puis on ne peut pas ressentir d’émotion négative (comme la culpabilité) lorsqu’on est dans la gratitude…

Alors je choisi la gratitude !

A un kilomètre de l’arrivé, j’aperçois un coureur à un peu plus 100m devant moi… Je vais le chercher.

Il y en a autre devant lui… Je vais le chercher.

Grâce à eux je pousse mon effort au maximum jusqu’à la ligne d’arrivée.

J’ai donné tout ce que je pouvais, jusqu’au bout… J’ai poussé mes limites… Victoire !!! Je suis très satisfait.

Le ciel est bleu, les feuilles des arbres sont rouge-orangé. La sécrétion d’endorphines me fait apprécier les douleurs dans mes jambes. Ma famille est là. Ma fille me prend la main et on va partager ensemble un petit gâteau de fin course. La vie est belle.

Nico lui aussi à pleinement réussi. Il termine également en force. Après avoir très bien géré sa course, il franchit la ligne d’arrivée accompagné de ses enfants.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là…

Dimanche après-midi…

Il nous reste maintenant le retour en vélo ! Les cyclistes ont leur Liège-Bastogne-Liège, nous on veut notre St Molf – St Nolff – St Molf !!!

Après avoir retrouvé des forces grâce à la brandade de morue de ma mère, nous sommes fin prêt à repartir.

J’ai besoin d’un défi pour m’enthousiasmer sur le retour…

J’ai envie que nous battions notre temps de l’aller… D’au moins 10 minutes !

On avait mis 2h40 pour venir. Avec un léger vent dans le dos, je place la barre à 2h30.

Le défi m’anime tellement que je n’ai presque pas l’impression d’avoir couru un trail de 28km le matin. J’emmène Nico qui aura 15 km de plus que moi à faire pour rentrer chez lui.

Nous arrivons à St Molf en 2h15 soit finalement 25 minutes de mieux qu’à l’aller !

Pour marquer la fin de ce beau week-end, nos chemins se séparent alors et nous retournons vers nos vies respectives. 

Au passage, j’arrive chez moi en moins de 2h30… Nouveau record !

De mon côté le week-end sera conclu par le délicieux plat de Lasagnes de ma jeune épouse.

Lundi matin…

Le vent d’ouest est revenu… Fort !

La pluie tombe en averse.

J’ai du mal à marcher.

Les enfants montent dans la remorque et on part à l’école en vélo.

Je souris.

En arrivant à l’école trempé, les autres parents ont de la peine pour moi. Un papa me demande si j’ai le permis de conduire et propose de passer me prendre le matin.

Gratitude.

Je leur explique que j’ai une voiture, qu’en fait je suis juste en train de m’entraîner et que bizarrement j’aime ça.

J’ai des projets pleins la tête. Je me vois déjà en train de traverser l’île de Skye en Ecosse cet été en courant. Au matin du deuxième jour, après avoir couru plus de 65 km, si la pluie et le vent viennent me cueillir dans les Cullins, je veux pouvoir y aller sans hésiter… Avec le sourire !

Mais au-delà de ça, je veux surtout apprécier chaque pas du chemin…

A commencer bien évidemment par celui que je fais toujours en ce moment !

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