J’adore l’adaptation.
Mon CV me fait même dire que je serais peut-être un apprenti à vie…
- Facteur (à vélo bien sûr !)
- Docker
- Livreur de journaux
- Expéditeur d’enveloppes pour le trésor public
- Peintre en bâtiment
- Livreur de pizzas
- Nettoyeur d’usine
- Préparateur Physique
- Charpentier
- Prof d’Echecs (le jeu) puis Pion (pas le jeu, le surveillant au collège)
- Entraîneur de Rugby
- Technicien régie sur un film
- Serveur
- Coach
Mais l’avantage de changer est d’apprendre. Et aussi d’apprendre à apprendre… Vite !
Et pour ça j’ai un secret que je vais vous partager ici :
Je fais énormément d’erreur !
Correction :
Je fais énormément d’erreurs !
Mon truc c’est même de faire le plus d’erreurs possible avec le moins de conséquences.
De tout tester pour apprendre ce qui marche et ce qui ne marche pas (comme lorsque j’ai éclaté ma première ferme de Charpente en forçant l’assemblage de l’arbalétrier dans le poinçon… A la masse).
Oups…
J’ai eu beaucoup de oups…
Voici justement mon dernier oups en date :
Le lendemain de mon entraînement trail à La Roche Bernard avec mon pote Pierre (voir article précédent), j’ai décidé de sortir faire un petit tour de vélo. J’avais un peu plus de 2h devant moi avant un rendez-vous. Après les premiers coups de pédales qui devaient m’emmener autour de la presqu’île, une idée m’a traversé l’esprit :
Et si je faisais vite fait un nouvel aller-retour jusqu’à La Roche Bernard en vélo ? (30 km de chez moi)
L’idée avait pas mal d’intérêts :
Tout d’abord construire la marche qui me permettrait ensuite de combiner le trajet en vélo et l’entraînement de trail.
Ensuite ça me faisait une petite victoire sympa pour ma journée !
Alors que je changeais de plan et de direction, je réalisais que je n’avais ni pompe ni chambre à air de rechange (et comme à mon habitude pas d’argent sur moi). Il suffisait juste de ne pas crever…
Vous l’avez compris, j’étais en train de faire ma première erreur de la journée.
Après avoir pris mon beau selfie devant le pont de La Roche Bernard, je suis reparti en roulant sur le bas-côté… Deuxième erreur.
Quand le vélo à soudainement ralenti, je n’ai même pas pris la peine de regarder ma roue pour savoir ce qui venait de se passer… Je ne roulerais plus sur le bas côté.
J’avais crevé à 25 km de chez moi, sans rien… Et à une heure de mon rendez-vous.
Heureusement avec toutes les années j’ai développé plusieurs cordes à mon arc. Je me débrouille notamment plutôt pas mal en autostop (voir l’article Fouras – La Turballe en autostop…)
Mon jeu venait soudainement de changer. Je devais maintenant rentrer jusqu’à chez moi en moins d’une heure… Avec un vélo en panne. Super bonus si j’arrivais à ramener le vélo avec moi à la maison.
J’ai alors marché pour avancer jusqu’à un bon spot. Les gérants du nouveau magasin de vélo de La Roche m’ont aperçu et ont fait un crochet pour voir si j’allais bien. J’ai réalisé qu’un cycliste qui faisait du stop était plutôt improbable. Ils pensaient que j’avais eu un pépin physique. Et non, j’étais juste un amateur qui fait plein d’erreurs. Ils ont accepté de m’avancer jusqu’à Herbignac.
Un conseil pour le stop : avancer !
J’ai donc avancé en levant le pousse.
Il était aux alentours de midi et les gens semblaient avoir trop faim pour s’arrêter.
En marchant, j’arrivais enfin dans un super spot de stop à la sortie de la ville. Si je voulais avoir une chance de décoller, ma marche en chaussures de vélo s’arrêtait là.
Les minutes tournaient et je ne voyais plus bien comment j’allais arriver jusque chez moi à l’heure. L’espace d’un instant, j’ai même commencé à envisager le deuil de mon rendez-vous.
Mais je n’ai pas maudit la situation pour autant, j’étais trop concentré sur mon nouveau défi.
Finalement miracle :
Une voisine me reconnait et m’embarque…
Avec le vélo !
J’ai trop de chance !!!
Si j’ai au final pédalé une heure au lieu des deux que j’avais prévu, la sensation d’aventure m’a procuré un tout autre sentiment de satisfaction.
J’ai réalisé à quel point j’aime quand les situations tournaient à l’aventure et testaient mes capacité d’adaptation !
Alors oui, dans toute aventure il y a un facteur chance.
Mais il y a aussi une grande part de savoir-faire… Acquis par essai-erreurs.
J’ai fait des centaines de km en stop et avec des enjeux bien plus importants. J’ai même été à quelques minutes de rater mon vole retour du Québec. Avant ça j’ai poiroté des heures au milieu de nulle part sans savoir comment j’allais en sortir.
Je me suis fait rembarrer plein de fois dans ma vie, avant de comprendre comment s’y prendre avec les gens. Au Québec, les compétence sociales m’ont aidé à faire passer mon bagage de soute en bagage à main (puisque l’enregistrement des bagages était fermé depuis longtemps et que l’avion allait décoller).
Je tente volontairement des choses sans craindre l’erreur. J’apprendrais quoiqu’il arrive.
L’année dernier, j’ai lancé un créneau de cross training dans mon village, qui n’a pas marché (voir l’article J’ai échoué et j’ai appris)
Mais en même temps j’ai monté la vélo école qui a un été un succès. J’y ai d’ailleurs créé de solides liens avec mes voisins.
Ces mêmes voisins qui s’arrêtent aujourd’hui pour me récupérer en stop !
Merci Lori.
Moral :
Faites des erreurs !!! (Comme pour les pas faites en beaucoup de petites pour minimiser les conséquences)
Et vous c’est quoi votre dernière belle erreur ?