Ce matin, pour préparer ma sortie longue de course, j’ai besoin d’un petit coup d’enthousiasme. Voilà quelques mois que je m’entraîne pour mon premier ultra trail qui aura lieu dans une semaine maintenant. Par respect pour le défi à relever, je me suis astreint à un solide régime d’entraînement. La semaine passée, j’ai enfin franchi la barre des 80 km de course hebdomadaire. Je suis maintenant dans une phase de décharge pour regagner en fraîcheur. De la fraîcheur j’en ai besoin, autant sur le plan physique que sur le plan psychologique. Pour ces derniers jours de préparation, j’ai envie de retrouver la légèreté et le goût du jeu.
« Vendredi Aventure »
Ça tombe bien, on est vendredi et pour moi c’est « Vendredi Aventure ». C’est une journée que je me bloque pour vivre des micros-aventures. Forcément, en ce moment, les expéditions du vendredi comprennent une bonne part de course. La semaine passée par exemple, j’ai fait 20 km de vélo aller-retour pour me rendre à Arzal. Une fois là-bas, j’y ai et couru la boucle de 25 km entre le barrage et les ponts de La Roche Bernard. J’ai même pris le temps de visiter un centre de vacances abandonné que j’ai trouvé en chemin. Ca aurait presque mérité un article… La prochaine fois. En attendant voici deux petites photos pour faire travailler l’imagination…


Ça c’était la semaine dernière. Aujourd’hui il me faut une nouvelle aventure !
Le beachcombing
En ce qui me concerne, ce qui m’enthousiasme part presque toujours d’une idée. Hier après-midi, j’étais en séance de coaching sur la plage. Avec ma cliente, nous étions exposés aux éléments comme jamais. Un fort vent de sud-ouest nous soufflait son crachin aux visages. La marée montante agitée elle par la forte houle, menaçais de nous croquer les pieds. Alors que nous courrions sur le sable, j’ai vu de superbes morceaux de bois flottés déposés par la marée précédente. En les ramassant, je proposais par la même occasion à ma cliente un nouvel exercice, en courant avec un tronc sur l’épaule.
Ce n’est que plus tard dans la soirée que le terme « beachcombing » me revenait à l’esprit. « Beachcomber » en français se traduit littéralement par « peigneur de plage » (une autre traduction est « batteur de grève« , mais je craignais qu’il y ai une confusion avec l’actualité autour de la réforme des retraites). Toujours est-il que je vais garder le terme anglophone pour plus de clarté.
Vivant en bord de mer et au milieu d’une presqu’île, nous en faisons souvent du beachcombing en famille. Parfois pour ramasser des déchets et d’autres fois pour trouver des trésors, comme des verres polis ou des coquillages. Le meilleur moment a lieu lors de la marée descendante après un fort coup de vent. C’est encore mieux si les coefficients sont importants.

Arbre réalisé par mon fils avec 100 morceaux de verre polis récupérés sur la plage.
Il se trouve que c’est justement les grandes marées d’équinoxe et que le vent a soufflé fort cette nuit. Je vais donc sauter sur l’occasion pour combiner beachcombing et course à pied !
L’heure de jouer
Après avoir déposé les enfants à l’école, j’attache le vélo et la remorque, puis je pars en courant en direction de la pointe de Pen Bron. Je longe d’abord les marais salant avant de plonger dans la forêt de pin et d’arriver au niveau de l’isthme. Le vent souffle encore, mais le ciel est dégagé et les températures de printemps sont de retour. Une belle journée s’annonce en perspective. Quelle chance ! Fidèle à ma ligne de conduite du jour, je longe la plage autant que possible. Je sais pour autant que je ne trouverais pas de trésor ici, puisque la pointe est abritée des vents de suroît par la Presqu’île du Croisic.


En attendant de remonter la côte vers le nord, je suis ici pour saisir une autre opportunitée… Je vais profiter de la mi-marée pour me faire une petite session de bodysurf dans les vagues. En bon chasseur d’horizon, j’ai tout prévu : Je porte déjà un maillot de bain et je cours avec les palmes dans le dos !
Il y a deux surfers à l’eau. Je me joins à eux le temps d’une petite baignade et de quelques vagues. Je ne reste pas longtemps. Une petite dizaine de minutes suffisent à me revigorer. Il faut dire que l’eau dépasse à peine les 11°… et que je suis maillot de bain ! En plus de ça, la côte m’attend pour me dévoiler les secrets de la marée descendante…

La récolte
Je longe ensuite la grande plage de La Turballe. La mer est montée jusqu’à la dune et la plage n’est qu’une immense étendue de sable dur. Je glisse d’une foulée courte et régulière ponctuée par quelques passages en marchant. Je passe ensuite le port de pêche pour aller sur la partie qui m’intéresse : celle des anses.
Globalement, la grande marée d’équinoxe a laissé deux choses sur son passage :
- Du bois flotté
- Des déchets plastiques
Je mets de côté les premiers. Je sélectionne les plus beaux morceaux de bois et les place à des endroits stratégiques pour venir les chercher en voiture plus tard.


Pour ce qui est des déchets, je ramasse ce que je peux pour les mettre dans les bacs à marées. Le nombre de bouteilles en plastique est impressionnant. Ce sont les même que celles qui s’échappent des poubelles jaunes lorsque ces dernières sont renversées par le vent. Pour moi, il y deux solutions simples pour éviter cette pollution :
- Bloquer sa poubelle jaune pour la protéger des coups de vents.
- Arrêter de consommer l’eau du robinet vendue dans des bouteilles en plastique. Ça ne sert à rien et ça revient beaucoup plus cher.


Le butin
En revenant sur mes pas après 15 km parcouru, je trouve deux belles caisses de criée du port de La Turballe. Il arrive que les caisses tombent en mer depuis les bateaux de pêche. L’avantage de celles qui nous sont offertes par l’océan, est qu’elles ont été lavées par dame nature et qu’elles ne sentent plus le poisson ! Dans l’une des caisses, il y a une chaussure de peintre. J’ai comme une impression de déjà-vu… Il me semble avoir trouvé l’autre il y a quelques années… Soit je me fait un film, soit il existe peut-être une confrérie d’artisans qui jettent leurs chaussures à la mer en guise de rituel. Qui sait ?


Je n’ai pas enterré mes trésors à l’image des pirates, mais j’ai parcouru 20 km avant de revenir chercher mon vélo à l’école. Je sais ça n’a rien voir. A l’exception peut-être de la satisfaction que procure les deux actions.
Toujours est-il que la plage est un milliardième de fois plus propre après mon passage et que, en chemin, j’ai trouvé des cadeaux offerts par la nature.
Enfin et surtout, j’ai effectué la dernière sortie longue de ma préparation, en m’amusant… autour de chez moi !

2 commentaires sur « Faire du Beachcombing en courant… »