Ça y est les journées sont désormais plus longues que les nuits.
Mon corps et mon esprit, comme calés sur le cycle des saisons, ressentent soudainement l’envie de bouger un peu plus loin… un peu plus longtemps.
Alors, à l’instar des fleurs qui parsèment les prairies, mes projets pour la nouvelle saison d’aventure commencent à fleurirent :
Il y a évidemment mon nouveau livre Cueillir l’horizon pour lequel je vais partir en tournée promotionnelle de printemps. Peut-être pourrais-je réaliser cela entièrement à vélo…
Et puis il y a les vacances d’avril qui sont prolongées par le week-end de l’ascension… L’occasion est trop belle pour ne pas échanger notre maison (via le site homexchange) et partir explorer d’autres régions en famille. Cette fois ce sera le Calvados et l’Orne avec de potentiels défis entre les plages du débarquement et la vallée de la Rouvre…
Il y a forcément toujours mon activité de coach en parallèle pour laquelle j’accompagne également mes clients sur des projets (Triathlon de Mesquer, Mare Trail, Trail de Pornichet…) … Et bien sûr l’énorme stage Woman Empowerment fin Mai !
Il y a aussi les projets de bivouac avec mes enfants, les vacances d’été dans les Alpes, la traversée du plateau du Vercors sur la route, suivi des vacances en Bretagne… Avant les itinérances du mois d’août. Peut-être un tour de La Manche à vélo, une décente de l’estuaire de la Gironde ou une randonnée dans les Pyrénées….
Mais avant que ma popote ne déborde et que le programme de ma saison d’aventure ne devienne du grand n’importe quoi, il me faut absolument passer par un nettoyage de printemps !
Pour cela j’ai choisi de créer un processus décisionnel spécifique :
Je l’ai nommé Les 3S
Simple
L’été dernier, avec mon beau-frère on a eu une idée géniale :
Parcourir le South downs Way en vélo entre Winchester et Brighton.
Pour cela, juste après le salon du livre des auteurs du pays de Vannes, je devrais faire 180 km de vélo pour monter à St Malo et aller prendre le ferry.
Ensuite je devrais me rendre à Winchester pour le départ.
Une fois le parcours terminé, je devrais prendre un autre Ferry à Newhaven pour Dieppe.
Puis je devrais faire 500 km pour rentrer de Normandie.
Avec ce projet, je peux potentiellement faire une boucle de La Manche entre bateaux et vélo !
Au retour, comme notre maison sera louée en AirBnb, je compte donc rejoindre directement ma femme et mes enfants, chez mes parents en Charente-Maritime… en pédalant 350 km de plus.
Pour infos et par experience, vouloir prendre un train avec un vélo en août c’est risquer de rester sur le quai.
Sans pouvoir compter sur le train, je dois prévoir au minimum 10 jours et un budget assez conséquent… Pour 2 jours d’aventure partagée avec mon beau-frère.
Est-ce que c’est simple ?
Clairement non.
Or j’ai décidé que pour me faciliter la vie et éviter de me bruler les ailes, il fallait que les projets soient le plus simple possible.
Si j’estime que ce n’est pas simple, j’ai deux choix :
- Simplifier
- Faire autre chose
J’ai finalement choisi de faire autre chose.
Avec tout ce que j’entreprends actuellement, je ne veux pas couler sous le poids de la complexité. A l’inverse, j’ai besoin de liberté de mouvement, de légèreté et de simplicité.
Sain
Pour lancer ma tournée de dédicace à Vannes le 5 avril, j’ai imaginé m’y rendre à vélo… en transportant mes enfants dans la remorque !
Il y a 60 km pour nous rendre chez mon père. Au rythme auquel je roule en tractant la charge (mes 2 enfants, la remorque et les affaires), couplé avec les nombreuses côtes et les nombreuses pauses, on en aurait minimum pour 7h… Aller ! Et ça c’est sans compter le vent de face.
Pour être le vendredi à Vannes, les enfants devraient rater la dernière journée d’école de la semaine.
Le samedi serait axé récupération chez mon père car mon genou droit (opéré 3 fois) accuse la charge d’entraînement actuelle. De toute façon nous n’aurions pas les sièges auto pour transporter les enfants…
Enfin le dimanche je devrais repartir le matin pour être sûr d’être bien rentré pour préparer la semaine suivante.
C’est sûr que ça peut faire une histoire sympa et me donner de la crédibilité pour lancer officiellement mon livre de récits d’aventures. Ça peut même être le départ d’un défi « dédicaces 100% à vélo » !
Est-ce que c’est sain ?
Non.
Si mes enfants sont enthousiastes à l’idée de rater une journée d’école pour une aventure avec Papa, je ne peux pas leur imposer deux journées de trajets dans une carriole, sur des routes départementales.
Pour ce qui est de ma santé, j’ai d’autres défis bien plus intéressants à venir, sans parler des nombreuses saisons d’aventures qui m’attendent derrière. Je dois éviter de me bruler les genoux… et ma santé en règle générale. L’heure n’est pas encore venue de repousser les limites. Je suis encore dans la phase de construction.
J’ai décidé que repousser mes limites ne doit pas se faire au détriment de ma santé à long terme. Cela se prépare (je publierai prochainement un article sur les cycles d’entraînement au rythme des saisons…).
J’aime trop ma vie en mouvement et j’ai envie d’en profiter encore de nombreuses années… Et avec mes enfants bien-sûr !
Je laisse donc une nouvelle fois cette idée de côté.
Je préfère garder les vrais défis de dépassement pour parcourir les grands espaces sauvages… C’est également beaucoup plus sain pour mon esprit !
Satisfaisant
Les deux projets au-dessus, à défaut d’être simples et sains aurait été satisfaisants.
Je ne suis pas quelqu’un qui recherche les plaisirs faciles, je recherche plutôt le sentiment de satisfaction profonde. C’est pourquoi j’aime faire des choses difficiles mais qui ont du sens à mes yeux. Me déplacer avec ma propre énergie à toujours plus de sens à mes yeux et cela me procure un grand sentiment de satisfaction.
En février dernier j’ai tenté une nouvelle expérience : une retraite méditative que j’ai créé moi-même.
L’expérience était on ne peut plus simple.
Marcher, Manger et Méditer.
Ajoutez à ça des bains de mer, du sauna et des bonnes nuits de sommeil ; l’expérience était on ne peu plus saine (sur le papier).
Le problème ?
Je n’ai ressenti aucune satisfaction (D’où le fait qu’il n’y ai pas eu d’article derrière).
Si la forme était simple et saine, j’en suis ressorti avec des sentiments de confusion et de déprime.
Je me dis que l’expérience aura quand même être bénéfique d’une manière ou d’une autre…
Toujours est-il qu’elle aurait surement été très différente si je m’étais demandé en amont comment elle aurait pu me satisfaire.
Mais comment savoir si une expérience peut être satisfaisante ?
Et bien j’ai remarqué que, pour moi, la satisfaction était quasiment toujours liée avec un sentiment d’enthousiasme au départ.
La question pourrait donc également être :
Est-ce que ce projet me rend enthousiaste ?
Pour la retraite méditative, j’étais juste curieux. Pas enthousiaste.
Je vais donc désormais suivre d’avantage les projets qui m’enthousiasment.
En conclusion
Comme je fonctionne essentiellement à base de projets, il est important d’avoir un processus pour bien les choisir.
En me demandant :
Est-ce que c’est simple ?
Est-ce que c’est sain ?
Est-ce que ce sera satisfaisant ?
Je me donne un outil pour suivre ma voie de manière simple, saine et satisfaisante !
Un avis sur « Le processus décisionnel des 3S… »