Trouver l’équilibre entre l’intuition et le mental

Dans l’objectif de préparer mon défi du mois de Juillet (la traversée du plateau du Vercors sur 53 km en autonomie), je participe début juin à la course locale de La Turballe : Le Mare Trail (32 km).

Malheureusement pour moi, la course ne se passe pas comme je l’imagine. Chaque pas est lourd et mon corps lutte pour avancer. Pendant un moment, je me rassure en me disant que je suis un diesel et que la machine va se mettre en place… Mais après une heure de labeur, je dois me rendre à l’évidence :

Ce n’est pas mon jour et il va encore falloir trainer mon corps sur l’équivalent un semi-marathon !

Pourtant je suis déterminé à ne pas me laisser doubler et même carrément à rattraper les concurrents un par un comme j’aime tant le faire. Arrivé à la mi-course, un bénévole annonce les positions, à la volée de coureurs dont je clôture le train :

« 71, 72, 73ème… »

Je me dis alors que si je remonte une grosse vingtaine de coureurs sur les 16 derniers kilomètres, je peux être dans les 50 premiers. 

L’histoire me donne immédiatement un coup de fouet morale. Pas physique.

J’observe alors un échange assez intéressant entre mon mental et mon corps.

Le mental (au corps) : « Maintenant tu la ferme, c’est moi qui prend les rênes. Je ne veux rien entendre de ta part. En échange, c’est toi qui parle la semaine prochaine et je prends soin de toi. »

Le corps : – Silence – (ça veut surement dire qu’il est d’accord et que le mental a effectivement pris la gâche).

Je remonte 22 coureurs. Je fini 51ème. Belle performance.

La faible satisfaction du mental ne semble pas soutenue par mon corps à la peine. Ce dernier a maintenant envie d’être écouté.

C’est ainsi qu’à l’issue du Mare Trail, je laisse le corps et l’intuition prendre le dessus.

Immédiatement, je suis une nouvelle fois appelé à quitter mes chaussures. 

Ça me fait tellement de bien que je me mets à recourir pieds nus. Mon programme d’entraînement est guidé par les principes de « au feeling » et « amuse-toi ».

Ainsi les séances de fractionné sont remplacées par des sorties de chasse sous-marine en maillot de bain et les cuissons vapeur par les barbecues (alimentation intuitive oblige).

Je dois avouer que c’est très plaisant.

Le mental que j’ai entraîné et auquel j’ai donné un énorme pouvoir sur ma vie ces dernières années est congédié jusqu’à nouvel ordre et mon instinct libéré me faisait suivre pleinement ma voie (de chasseur cueilleur… ?).

Mais c’était sans compter un réveil, cette nuit, à 3h du matin…

« Ton défi de traverser le plateau du Vercors en autonomie est dans une semaine maintenant… Tout ce que tu as fait depuis un mois c’est de courir en maillot de bain sur la plage. T’es pas prêt. »

Le mental vient de se réveiller et de m’empêcher de me rendormir par la même occasion. Pour le coup, je ne peux pas donner tort à la raison. Je pars pour me casser les dents sur la « Dalle » du Vercors si je ne m’entraîne pas de manière spécifique.

Pour autant je ne cède pas tout de suite à la voix dans ma tête. Je concerte mon instinct qui est installé aux commandes depuis un mois :

« Qu’est-ce que je fais ? 

Et si je partais me faire la boucle de la Roche Bernard pour me tester dans des conditions plus réelles ? 

Départ maintenant ?

Go ! »

L’instinct et le mental semblent vraiment d’accord. Le mental a besoin d’être rassuré et l’intuition me dit qu’elle irait bien fouler les bords de Vilaine en sandales. Enfin l’idée de me rappeler au bon souvenir des entraînements qui m’ont préparé à traverser l’île de Skye avec réussite n’est pas pour me déplaire. 

Branle le bas de combat. Répétition générale. Action !!!

Je me prépare rapidement de manière fluide et cohérente, à part peut-être la cuisson des granolas au four à 3h30 du mat. En réveillant Charlotte avec les casseroles et les bips du four je me rends compte que ça c’est peut-être « too much ».

En revanche, une fois lancée sur le chemin de nuit à La Roche Bernard à 5h du mat, je suis ravi d’avoir pris cette décision.

D’une part je me sens bien en courant avec les sandales, d’autre part, les 3kg d’eau ne me semblent même pas lourd, moi qui courrait seulement torse-nu depuis un mois.

Le corps avait raison, sans les chaussures je me sens libéré et je prends énormément de plaisir à courir. Le mental aussi : il fallait que je fasse cette sortie pour me tester.

En fin de parcours, je réalise que le mental et l’intuition/corps sont aussi importants l’un que l’autre. Ce qu’il faut c’est leur donner leur juste place et savoir lequel écouter pour nous guider au mieux dans les situations de la vie. J’arrive aujourd’hui à la conclusion que la meilleure combinaison a lieu quand l’intuition est aux commandes et que le mental est au service.

Quand l’équilibre est trouvé, on peut alors suivre notre voie (pour moi : traverser le plateau du Vercors en sandales) et s’assurer d’être prêt (en allant par exemple faire une petite répétition générale à La Roche Bernard) !

De retour à la maison à 9h, je n’ai toujours rien mangé et c’est avec joie que je dévore les crêpes que Charlotte a préparé. 

Cuisiner les granolas à 3h30 du mat c’était vraiment « too much ».

Les stats de la sortie

Distance parcourue : 25 km

Dénivelé positif : 628 m

Temps total : 3h24

Vitesse moyenne : 7,4 km/h

Alimentation : –

Hydration : 20 cl

Charge transportée : 3 kg

Chaussures utilisées : Sandales

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