Mon premier Semi-Marathon… Pieds Nus !

Lorsque je lis le livre Born to Run en 2014, je suis directement fasciné par l’idée de courir pieds nus.

Le footing sans chaussures sur la plage de Wollongong qui m’avait détruit les mollets et qui avait au passage ruiné ma présaison de rugby en Australie est désormais un lointain souvenir. Le « Barefoot running » a du sens pour moi et j’avais envie d’en faire l’expérience… de manière agréable.

Malheureusement, j’ai beau enfiler une paire de « Five fingers », quand ce n’est pas les mollets qui me tiraillaient, ce sont les pieds qui me lancent.

Après plusieurs tentatives ratées pour courir pieds nus, en 2021 je valide finalement un 9km à l’occasion d’octobre rose… Malgré les 135€ récoltés, le prix à la sortie est reste cher : un an sans courir dû à une tendinite au tendon d’Achille. !

Bref, si l’idée de courir pieds nus me semble cohérente, la réalité est toute autre.

La révélation

A la fin de l’été 2023, après avoir traversé l’île de Skye en courant sur 115 km, je ressens une nouvelle fois l’envie de courir sans les chaussures.

Sauf que cette fois, je plonge complètement dans la mouvance « Rewilding » inspiré par le livre de Tony Riddle : Be more human.

Je me mets à porter des chaussures minimalistes au quotidien, je me reposer régulièrement en position de squat et je reconstruis une relation globale entre mon corps et le sol.

Encore sur le nuage de l’île de Skye l’été d’avant, pour l’été 2024 j’ai envie d’un projet similaire et je me lance le défi de traverser le plateau du Vercors sur une journée. Dans ma préparation j’y inclue entre autres un défi le long des plages du débarquement en courant et le Mare Trail de La Turballe. Les grands espaces m’attirent et je décide qu’il est plus raisonnable de faire tout cela avec des chaussures de course traditionnelles.

C’est sans compter le fait que mes pieds se sont finalement habitués à évoluer sans semelles, et déshabitués des chaussures… C’est le monde à l’envers !

Chaussé, je laisse un pied sur les plages du débarquement et j’en chie comme jamais sur le trail local

Début juin, à un mois de ma traversée du Vercors je laisse les godasses de côté. Je passe un mois complètement à côté de mes pompes en essayant de ne pas penser aux 60 km qui m’attendent. Charlotte m’offre une paire de sandales de course minimalistes pour mon anniversaire. En juillet, je me balade finalement sur le plateau du Vercors avec une séparation minimale entre le sol et mon corps.

J’enchaîne ensuite sur une l’ascension d’un sommet dans les alpes en Five Fingers. Mes pieds sont mis à rude épreuve mais ils se révèlent également plus fort que jamais.

Enfin en août, la confiance engrangée sur le GR10 en sandales me donne envie de me lancer un dernier défi pour conclure en beauté la saison d’aventure…

Le défi Auray Vannes Pieds Nus

Comme je l’ai expliqué dans l’article précédent, le mythique semi-marathon Auray Vannes s’est présenté à moi comme un challenge idéal pour savoir si je pouvais enfin devenir un « Barefoot Runner ». 

Moi qui rêvait depuis longtemps de courir pour planter des arbres, j’en profite pour associer le défi à une récolte de dons pour planter une forêt en Auray et Vannes. 

Le projet est hyper cohérant et chargé de sens. Ma préparation est bonne. Tous les feux sont au vert. 

Je dois maintenant savoir s’il est possible ou non pour moi de courir sérieusement pieds nus.

La course

Une belle journée de septembre comme on les aime se profile à l’horizon. Après l’avoir longuement attendu, l’arrière-saison semble être enfin là. Durant le trajet entre Vannes et Auray pour me rendre au départ, la température est grimpée de 8 à 14 degrés !

Pour la 50ème édition de la course, l’afflux de gens est massif. Plus de 6000 coureurs sont attendus et la voie express est bloquée à l’approche d’Auray. Les coureurs sont parachutés des voitures comme des commandos en missions. Je suis un peu timoré au fait de descendre pieds nus sur le bord de la 4 voie pour parcourir les kilomètres restant à pied. Mais l’horloge tourne et je me décide finalement à descendre à mon tour.

Je rejoins une foule immense massé sur le boulevard de départ. Quelques coureurs me charrient en me disant que j’ai oublié mes chaussures. J’en profite pour rigoler avec eux en me prêtant au jeu et en jouant le mec qui vient de s’en rendre compte.

En revanche, je suis surpris de ne voir aucun autre coureur pieds nus. Si c’est une obsession pour moi de courir sans chaussures, il semble que je sois le seul. Je pensais que la tendance minimaliste était un phénomène dans le monde du running mais il semble que ce soit complètement l’inverse… Les semelles sont plus épaisses que jamais. Les gens courent désormais avec des matelas sous les pieds.

La course est lancée. Il me faut 5 bonnes minutes avant de franchir l’arche de départ. Je démarre tranquillement. Tant qu’à être hors du lot, je le suis jusqu’au bout, même dans la façon de dérouler ma course. Là où la majorité des coureurs sur route se placent dans une allure qu’ils conservent toute la course, j’aime monter en puissance et augmenter mon rythme progressivement.

En plus de ça, j’ai besoin d’être extrêmement à l’écoute de mon corps.

Les pieds réagissent très bien et ma foulée est rebondissante.

J’accélère gentiment et commence à remonter la masse de coureur qui s’étale sur de kilomètres. Énormément de gens semblent surpris de voir qu’il est possible de fouler l’asphalte pieds nus. Ils semblent même avoir mal pour moi. Mais ils ne sont pas dans mon corps et ignorent que mon expérience sensorielle est en fait très plaisante. Notre passage sur le pont du Bono fait bouger la structure. Un coureur fait la remarque mais personne autour de lui semble le sentir. Je lui dis que je le ressens aussi. Les mouvements du pont sont ressentis de manières impressionnantes par les 14000 terminaisons nerveuses qui sont en éveil sous mes pieds.

Tous les coureurs semblent avoir leurs supporters à un endroit de la course. A 15 km je croise les miens. Mes parents avec mes enfants. C’est moi qui les aperçois et je vais les checker dans la bonne humeur. Ça me donne un coup de boost d’autant plus que je sens très bien physiquement. 

Un kilomètre plus loin, je décide que je peux vraiment augmenter l’allure pour finir en force. Je passe au jeu de doubler un maximum de monde. Pour ça je n’hésite pas à sauter sur les terres pleins.

Plus je me rapproche de la fin de la course plus je vais vite. J’ai l’impression de rebondir de manière très fluide. Sur le dernier kilomètre, je pointe à 18 km/h. Je suis sur un nuage.

J’arrive en 1h59 au chrono global de la course et 1h54 à mon chrono sur les 21 km.

Je me sens très bien. J’ai couru un semi-marathon pieds nus et pour la première fois, je n’ai mal nulle part !!!

Les arbres

17 personnes m’ont suivi dans le projet pour un total de 270€ récoltés.

Cela correspond à 27 arbres qui seront plantés dans une future forêt entre Auray et Vannes…

A Baden très exactement.

Le prochain rendez-vous

Si la réussite est totale, mes pieds n’ont pas décollé du sol, bien au contraire, je me sens plus ancré que jamais.

Le prochain rendez-vous est maintenant fixé début décembre pour la plantation. 

Pas sûr que je sois encore pieds nus d’ici là mais je veillerais à rester au plus proche du sol !

A très bientôt.

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