Ce matin j’ai les yeux dans le vague…
Je suis debout entre mon vélo et ma voiture…
(Pour ceux qui étaient resté sur le fait que j’avais vendue ma voiture, sachez que la vente n’a finalement pas pu se faire. Si j’avoue être content de l’avoir récupéré pour mon activité professionnelle qui se développe, j’essaye toujours de prioriser le vélo quand je peux…).
Revenons à ce matin…
Je suis complètement bloqué !
Les enfants sont dans la remorque derrière le vélo et se demandent sûrement pourquoi on ne part pas.
La pluie dégouline déjà de mon casque.
Je vie un long moment d’hésitation qui est en train de laisser la place au doute :
Alors que je dois enchaîner plusieurs rendez-vous dans la matinée, je suis en train de me demander pourquoi je devrais emmener les enfants à l’école en vélo en me faisant tremper alors que je peux prendre ma voiture et être tranquillement au sec…
Voyez-vous, un de mes rêves est d’accompagner mes enfants à l’école en vélo. Pas de les emmener, de les accompagner !
Nous sommes encore très loin de réaliser ce rêve. Même si j’ai confiance en la capacité de mes enfants à apprendre à bien rouler en vélo, nous habitons à 5 km de l’école et il n’y a aucun itinéraire cyclable pour nous y rendre.
Trois routes peuvent nous y emmener :
- Un chemin impraticable la plupart de l’année.
- Une route dangereuse (celle que nous prenons)
- Une départementale ultra dangereuse (hors de question !)
Pourtant, cela ne m’empêche pas de m’accrocher à cette vision en emmenant tous les matins les enfants à l’école en vélo.
Oui mais, voilà, sous la pluie de ce matin, debout à côté de ma voiture, j’hésite vraiment.
Si je sais qu’un rêve se construit pas après pas, le pas de ce matin est très dur à faire et le rêve semble plus loin que jamais…
Les yeux dans le vague, j’imagine prendre la voiture, être au sec et enchaîner sereinement mes activités de la matinée.
Plus ce laps de temps d’hésitation s’allonge plus le retard déjà cumulé dans notre préparation du matin grandit… Et plus j’ai de raison de monter dans la voiture !
En plus de ça, les excuses pour ne pas y aller en vélo arrivent à moi les unes après les autres :
- Je vais être trempé toute la matinée.
- Je ne vais pas pouvoir laisser la remorque à l’école sous la pluie et je vais devoir la traîner avec moi.
- Je vais forcer sur mon genou qui a besoin de repos en ce moment (je l’avais oublié mais il se rappel à moi d’un coup).
- Mon matériel de coaching sera plus à l’abris dans la voiture.
- C’est sûr nous allons vraiment être en retard !
- ….
Juste avant le point de bascule, celui où je vais jeter les armes et échanger le vélo contre la clé de la voiture, une énergie s’empare de moi…
Je monte sur ma selle, pousse sur les pédales et me lance vers l’école… En vélo !
Je ne sais pas pourquoi j’y suis finalement allé alors que la motivation semblait m’avoir quitté, mais j’ai 30 minutes de pédalage sous la pluie pour me permettre d’y réfléchir.
Finalement j’arrive enfin à l’école avec un énorme sentiment de victoire !

Et voilà en plus ce que j’ai appris durant ce voyage :
- L’hésitation laisse la place au doute, le doute emmène la peur, la peur donne des excuses, les excuses justifient l’abandon…. Mais les gagnants n’abandonnent pas !
- L’hésitation est le début de la fin de nos rêves. Si je veux accomplir mes rêves, je ne dois pas laisser de place à l’hésitation !
- Je veux être exceptionnel à mes yeux et pour être exceptionnel on ne doit pas compromettre ses rêves !
- Si l’hésitation casse une dynamique, la force de l’habitude compense avec sa part d’inertie. Et j’ai sacrement renforcé l’habitude ce matin !
Enfin en arrivant, qu’elle n’est pas ma surprise de voir Ruben (un enfant qui participe à la Vélo Ecole du village) arriver à l’école en vélo… Et en short !
La vision est totalement partagée !!!
Alors peut-être qu’en effet je n’ai rien fait d’extraordinaire ce matin. J’ai néanmoins réussi à maintenir un cap dans la tempête de mon esprit.
Et si finalement c’était ça le plus dur ?
Y aller le jour où tout nous pousse à abandonner…
Ne pas laisser les conditions extérieurs avoir le dessus sur nous…
Tuer l’hésitation dans l’œuf pour faire le pas que l’on doit faire…
En fait c’est précisément ça que je suis allé chercher ce matin :
La victoire sur l’hésitation !
Comprendre ce qui se joue dans ce bref instant qui détermine si nous sautons vers nos rêves ou si nous faisons le pas en arrière pour revenir à notre zone de confort…
C’est d’ailleurs précisément de ce genre de victoire dont j’aurais besoin si l’opportunité de de sauter sur la scène du TEDx se présente à moi dans un mois ! Et oui c’est mon prochain défi… Et un autre rêve pour moi !
C’est probablement même de ça dont je parlerai si j’ai la chance de pouvoir m’adresser au public :
Comment vaincre l’hésitation pour mieux sauter vers ses rêves !
Sinon, j’ai mis des affaires sèches dans mes sacoches et j’ai demandé à la directrice de l’école si je pouvais laisser ma remorque sous le préau. Elle a accepté… sans hésitation !
Dernière leçon :
Nos excuses sont souvent bidon !

« Nous avons tous de la grandeur en nous et nous devons choisir de vivre notre vie depuis cette grandeur ! » – Les Brown –
Un avis sur « L’hésitation, cette tueuse de rêves… »