Chasser le petit déjeuner… Ou comment développer la résilience métabolique.

« Tu veux endormir le lion ? Donne-lui à manger. » – Proverbe Africain

Alors que je me prépare pour ma première course d’ultra endurance au printemps prochain, je me documente pour connaître les pratiques d’entraînement et d’alimentation propre à la discipline.

Si je suis les conseils de certains blogs de Trail, je devrais acheter pleins de nouveaux produits et presque courir avec une perf de glucose dans la bouche. Je comprends mieux pourquoi je voyais les coureurs courir avec des camel backs pleins et s’arrêter à tous les ravitos lors des trails de 15 et 30 km que j’ai fait à l’automne dernier.

Pour nous vendre tout et n’importe quoi, le marketing utilise un levier très puissant :

La peur du manque !

La peur du manque est partout.

Mais le vrai problème n’est pas la peur du manque en elle-même, c’est la façon dont elle est traitée.

Le marketing lui nous conditionne avec un slogan implicite :

« Plus c’est mieux ».

Je propose une solution radicalement opposée :

Apprendre à faire avec moins (« moins c’est mieux » du coup).

L’idée n’est pas de trouver les solutions à l’extérieur dans les produits de consommation, mais en nous, en développant nos capacités d’adaptation, de résistance et de résilience. Au passage, les grands noms du trail fonctionnent d’ailleurs comme ça : Krupicka, Jurek, Jornet, Forsberg… Comme on dit : « Ce ne sont pas les chaussures qui font le coureur… »

Mais pour être plus parlant, j’aimerai prendre un exemple concret issu de mon expérience :

Développer la résilience métabolique…

En bon chasseur d’horizon, mon entraînement du matin simule physiologiquement la chasse. 

Etant convaincu que moins c’est plus. Avec moins d’apports extérieurs, je conditionne mon corps et mon mental à développer la capacité de trouver les ressources en moi-même.

Le matin, je pars donc de chez moi pour emmener les enfants à l’école à jeûn. Je bois juste de l’eau au réveil et du café pour activer le transit intestinal et aussi parce que j’adore ça !

Ce matin, après avoir déposé les enfants à l’école, j’ai attaché le vélo et je suis parti chasser l’horizon…

J’ai traversé la forêt pour voir le soleil émerger entre les arbres…

J’ai longé la baie en même temps que le soleil s’élevait au dessus de la presqu’île…

Puis j’ai couru jusqu’au bout de la digue…

Enfin, j’ai longé l’océan pour revenir au vélo, et ensuite repartir chez moi.

Il était 11h passé lorsque j’ai déjeuné. Je n’avais rien mangé depuis la veille au soir et rien bu depuis 3h. J’ai parcouru plus de 10 km à vélo et la même chose en courant.

En plus de gagner à faire avec moins, la sensation d’avoir mérité mon petit déjeuner me place dans des dispositions hyper positives pour le reste de la journée !

Pour aller plus loin…

Ne dit-on pas que le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée ?

Si le petit déjeuner est entré dans nos habitudes, tout comme pour les maladies dites de civilisation (diabète, obésité, hypertension…), il n’en a pas toujours été ainsi. C’est même une invention très récente dans l’histoire de l’humanité. Avant (un peu plus de 100 ans) le premier repas s’appelait le déjeuner et voulait littéralement dire « la sortie du jeûne ».

Savez-vous qui a inventé le petit déjeuner ?

C’est le Dr Kellogg.

Pourquoi ?

Il était contre la masturbation et pensait que l’ingestion de repas fades et insipides réduirait la libido (Il avait pleins d’autres idées hyper tordues que vous pouvez trouvez sur la page wikipedia… Ames sensibles s’abstenir). En bref il cherchait toutes les méthodes pour lutter contre le plaisir sexuel.

Aujourd’hui c’est devenu un besoin très ancré (je parle ici du petit déjeuner). On a même fini par croire qu’une forte ingestion de glucose aux premières heures était le repas le plus important de la journée (voir l’article de libération sur l’histoire du petit déjeuner).

Avant comme beaucoup de gens, je craignais la fringale et mangeais un copieux petit déjeuner. Vers midi et même avant j’entrais de nouveau en hypoglycémie et j’avais besoin d’un nouvel apport de nourriture immédiat pour ne pas tourner de l’œil. Mon métabolisme n’avait aucune résilience. Aucune capacité à fonctionner avec ses réserves. J’étais dépendant d’une ingestion constante de substrats énergétiques.

Si nous regardons l’histoire de l’humainité, notre physiologie a justement évoluée pour nous permettre de fonctionner sans nourriture. Les chasseurs-cueilleurs pouvaient partir chasser le ventre vide. D’ailleurs, comme les lions, ils n’allaient chasser que le ventre vide.

J’ai donc du réapprendre à utiliser la faim pour me mettre en mouvement. Aujourd’hui je suis capable de fonctionner longtemps avec mes propres réserves. Ça me donne d’ailleurs une grande confiance en mes capacités.

Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin de chasser pour nous nourrir. A l’inverse, nous vivons au milieu d’une abondance de nourriture. Malgré cela, nous avons toujours besoin de nous mettre en mouvement et d’utiliser pleinement nos ressources. Au minimum pour être en bonne santé et au mieux pour nous épanouir.

Alors pourquoi ne pas nous mettre en mouvement en allant chasser l’horizon à la place… Et après seulement, nous récompenser avec un bon petit déjeuner !

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