S’entraîner pour le départ d’un Ultra Trail

Il est 4h55 du matin.

Je suis au chaud dans l’habitacle de ma voiture que je viens de garer dans un chemin de campagne au sud de Rennes. Dehors il fait nuit noire, il pleut et il fait 4°.

C’est parfait !

Je suis à 3 semaines du départ de mon première Ultra Trail (le GT2V) qui aura lieu sur la même commune. De passage en week-end dans ma belle famille à Rennes, j’ai saisi l’opportunité pour faire une séance d’entraînement sur le terrain qui accueillera l’évènement.

Par confort, j’aurais pu être là à 9h ou même à 8h. Mais le départ de la course ayant lieu à 5h du matin, je sais pertinemment que le mieux est que je commence mon entraînement à 5h. La clé de toute bonne préparation est de reproduire au mieux les conditions de l’évènement que l’on prépare.

Je n’avais pas vraiment envie de me lever à 4h, mais il y a bien longtemps que je ne compte plus sur l’envie pour me faire bouger. Ce matin, je n’ai même pas eu besoin d’annoncer ma sortie sur les réseaux sociaux pour m’engager à y être. Je sais que c’est ce qu’il faut que je fasse et donc je le fait. Si je dois trouver un peu de motivation, j’imagine la satisfaction de me sentir prêt le jour J… et même ultra prêt. Enfin je sais que la satisfaction est bien plus grande quand la gratification est différée et que des efforts ont été fournis pour arriver à mon objectif.

Il est 5h, je sors de ma voiture et allume ma lampe frontale que j’ai positionné par-dessus ma capuche.

Je m’élance sous la pluie froide. A défaut de voir l’horizon, mes sens sont en éveil et l’instinct du chasseur est à l’affut alors que je m’enfonce dans la noirceur du sentier.

J’adore créer du lien entre les histoires et ce matin n’échappe pas à la règle. Je suis sur le GR39, le même qui m’a vu passer en VTT lors de la première étape du Projet Argoat en mai dernier. Je connais cette portion de falaises qui surplombe la Vilaine et c’est pour ça que je l’ai choisi pour mon entraînement. Je pense que ce sera une des plus techniques de la course.

L’année dernière, un Vttiste m’avait guidé à cet endroit pour échapper aux combes qui descendent vers le fleuve. Aujourd’hui je suis à pied et je peux les explorer en courant. Je franchit des ruisseaux débitant les eaux pluviales en abondance, avant de remonter sur les points de vue… où je ne vois rien.

Je descends ensuite dans la vallée pour franchir la Vilaine le long de la voie de chemin de fer.

Je vais maintenant explorer les hauteurs de la commune d’en face : Guichen.

Je cours dans le noir à flanc de falaise avant de remonter sur les hauteurs. Puis je redescends une nouvelle fois vers le fleuve pour revenir par le chemin de halage. Ce chemin je l’ai emprunté de nombreuses fois à vélo, notamment lors de ma traversée de la Bretagne en triathlon (Bay 2 Bay). En revanche c’est bien la première fois que je cours dessus de nuit !

En longeant le chemin de halage, je passe devant les cafés et autres auberges qui accueillent les itinérants aux beaux jours. Tout est évidement fermé et le silence règne à l’exception de mes foulés et de ma poche à eau qui tressaute dans mon dos.

En arrivant vers le pont de la voie de chemin de fer, les premières lueurs apparaissent par-dessus les collines. Je reviens ensuite sur mes pas en reprenant le GR39. Lorsque j’arrive au point de vue, je peux enfin voir le paysage et prendre un selfie. Si j’éprouve un besoin de montrer, ce n’est pas pour gonfler mon ego. J’attache de l’importance à illustrer mes histoires en avançant les preuves de ce que j’ai dit. Je valorise l’honnêteté et la transparence qui selon moi sont trop souvent absentes dans notre société.

Pour ma part, ce qui me manque parfois c’est la légèreté. Ce matin c’est normal, la deuxième tournée se présente au guichet. Je me fais un plaisir de m’alléger en pensant aux conseils du manuel de trail « Never wipe your ass with a squirrel ». Pour cette partie du récit, je m’abstiens de prendre une photo. Vous ne m’en voudrez pas ?

Je termine enfin ma sortie en ayant effectué 20,5 km soit un quart de ce que j’aurais à effectuer début avril. Pour le chrono, il va falloir que j’aille un peu plus vite si je veux passer sous la barre des 10h de course. Cependant, si on enlève la partie orientation dans la forêt de nuit et les selfies, je peux gagner de précieuses minutes !

Lorsque je suis de retour à la maison 4h plus tard, personne n’est réveillé.

Après avoir rangé toutes mes affaires, Charlotte débarque enfin avec les enfants. Je fais le thé et prépare les brioches pour eux.

Voilà mes vraies victoires du jour :

  • J’ai quand même réussi à être assez léger pour ne pas faire de bruit en me levant.
  • J’ai fait une sortie longue et je suis rentré à temps pour servir le petit déjeuner à ma famille.

Aucun regret d’être parti de nuit !

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