Marcher au clair de lune… sur 70 km !

Pour le premier week-end de ce beau mois de juin, nous avions rendez-vous dans le golfe du Morbihan, chez mon ami d’enfance Tanguy. Ce dernier organisait une fête conviviale pour rassembler sa famille et ses amis proches. Si j’avais à cœur de participer à l’évènement, j’avais également un autre rendez-vous le lendemain matin pour accompagner une personne sur son premier triathlon à Mesquer. Je devais donc rentrer le samedi soir.

En parallèle, j’avais également l’intention de m’entraîner une dernière fois à endurer une nuit d’effort, en vue de ma traversée de l’île de Skye en juillet. J’ai donc eu l’idée de rentrer du Golfe du Morbihan à chez moi en marchant… de nuit.

Durant le week-end précédent à Belle-île j’avais proposé le projet à mon ami Nico qui avait aimé l’idée. Étant peu motivé pour marcher 14h (entre 65 et 70 km), seul, de nuit ; je n’étais pas mécontent d’avoir trouvé un coéquipier avec qui partager ce nouveau défi. Pour me donner un maximum de chance d’être accompagné, j’avais également lancé des appels à partager le parcours sur les réseaux sociaux. C’est ainsi que Vincent, Dominique, mon père et ma belle-mère, nous rejoignaient au départ chez Tanguy.

L’équipe du départ. De gauche à droite : Mon père, Vincent, moi, Domique, Hélène et Nico.

Le départ

Tout le monde s’est réuni sur le joli port sinagot pour une traditionnelle photo de groupe. Le moment est venu pour moi de remercier Tanguy et sa maman pour le bel après-midi que nous avons passé ensemble.

Avec Tanguy, mon ami d’enfance.

Nous partons ensuite pour emprunter le sentier côtier.

Je profite des premiers kilomètres pour discuter avec mon père avant que nous chemins se séparent.

Le 1er passage

Nous sommes maintenant quatre en direction du passage de St Armel. Ce qui pimente un peu l’itinéraire est que nous avons deux chenals à traverser. Le premier est à Montsarrac. Il nous faut deux bonnes heures pour arriver là-bas. Nous n’avons pas été au plus direct et nous sommes un peu en retard sur la marée. Cette dernière n’est plus à l’étale et elle a commencé sa descente. Le plan d’eau est déjà marqué par un courant qui sort du Golfe.

Par chance, Vincent qui connais le Golfe comme sa poche, avait prévu le coup. Précédemment, il était venu attacher son paddle en prévision de la traversée du passage. Il fait chaud et, avec Nico, nous sommes très motivés pour une traversée à la nage. Nous sommes également très contents de recevoir l’aide de Vincent pour faire traverser nos sacs.

Je me jette à l’eau en tentant de garder la cale d’en face dans le viseur. Je nage fort… un peu trop fort. Les quelques bières que j’ai partagé avec mon copain l’après-midi se font ressentir. Je m’efforce pour autant de maintenir un effort constant. Avec Nico, nous arrivons finalement sur l’autre rive après avoir un peu dérivé. Notre passeur Vincent nous remet nos sacs avant de nous souhaiter bonne route et de regagner l’autre rive éclairé par le soleil du soir.

La fin du jour

J’ai laissé Nico construire l’itinéraire de notre périple. Alors que lui nous guide à travers les chemins, je garde une vue d’ensemble avec la carte pour bien comprendre où nous sommes. Alors que les dernier rayons traversent les arbres, nous dégustons un apéritif de pistaches en marchant.

Nico carbure à la pistache en mode Rando – Apéro…

En traversant un lotissement, j’arrive même à sympathiser avec un riverain qui nous offre une saucisse au barbecue. Malheureusement, nous avons 10 minutes d’avances sur la cuisson et nous ne pouvons pas attendre. Nous devons remonter notre vitesse moyenne de déplacement pour espérer passer le deuxième passage à marée basse et arriver dans les temps le lendemain matin.

Au moins on peut dire que les astres sont alignés en notre faveur. Sitôt le soleil couché, la lune ronde et pleine se lève sur un ciel dégagé à l’horizon. Avec mon coéquipier, nous caressons l’idée d’effectuer le parcours à la seule lumière du clair de lune…

Lever de pleine lune !

Le 2ème passage

Nico qui s’est exercé à la marche le week-end précédent sur le GR340, nous emmène sur un bon rythme. Pour tout dire, je force un peu pour le suivre. Mon cœur ne monte pas vraiment, mais mes muscles ressentent l’effort. Grâce à ça, nous regagnons le temps perdu sur le début de parcours. Les heures défilent dans la nuit et nous avons, kilomètre après kilomètre.

Vers 1h du matin, nous arrivons enfin en face du deuxième chenal. Cette fois la mer est bien basse. Nous nous mettons en maillots de bain, enfilons nos chaussures de vase et mettons nos affaires dans des sacs poubelles. Ensuite nous cherchons un accès à la rive d’en face. A travers les bancs d’huitres de l’étier de Billiers, nous trouvons finalement un passage pour arriver en face.

Traversée de l’étier de Billiers à 1h du matin…

Nous nous accordons alors une pause amplement méritée. Nous restaurons et buvons et un bon café. Si n’avons toujours pas sorti nos lampes frontales, le clair de lune n’est pas le seul à nous éclairer à cet endroit. Tous les lampadaires du port sont restés allumés… pour nous j’imagine !

Pause méritée après le passage du deuxième chenal.

Lampe frontale… ou pas ?

Il n’y a pas un chat à l’exception d’un jeûne bien éméché qui hallucine de trouver de marcheurs à cette là. Il tente de nous suivre sur le sentier, mais le fait qu’il soit en claquette couplé à son état d’ivresse calme vite ses ardeurs.

Nous faisons maintenant route vers Arzal. Tout est plus long en marchant et les kilomètres se traduisent en heures d’efforts. Nos jambes commencent à accuser le coup. Sur cette portion, le sentier est un peu plus technique et ombragé. Nous tenons bon, sans sortir nos lampes frontales du sac.

Clair de lune sur la Vilaine.

Le barrage d’Arzal est enfin franchi. Nous nous accordons une nouvelle pause en ouvrant un cadeau que Vincent nous a offert avant de nous quitter…

Des choux à la crème !

La morale remonte et nous repartons vers Asserac.

Malgré cela, les kilomètres semblent de plus en plus long et il est de plus en plus difficile de repartir après les pauses.

Le cadeau de Vincent : des choux à la crème… qui nous remontent le moral après le barrage d’Arzal.

La fin de la nuit

Heureusement nous avons un spectacle pour nous distraire. La lune sous couche maintenant avec sa robe de nuit orangée et le soleil est sur le point de se lever sur un nouveau jour. 

Si l’expérience de marche n’a rien de transcendant pour moi, voir le cycle des astres se relayer dans le ciel est fascinant.

Au bout d’un chemin nous apercevons finalement le soleil se lever sur les marais de Pont d’Arm. Il y a une semaine jour pour jour nous étions à Belle-île pour le voir se lever sur l’océan, tout en buvant un bon café. Aujourd’hui nous n’avons plus d’eau chaude pour le café et le moment est disons… plus douloureux.

Ça y est, le nouveau jour est là !

Nous serons les dents pour finir les derniers kilomètres.

Enfin nous arrivons chez moi après être parti depuis 14h. 

Je nous fais couler un bon café pour clôturer l’aventure. 

Ensuite, Nico reprend son vélo (laissé dans mon garage) pour rentrer chez lui à Batz sur mer. Quant à moi, je prends le miens pour me rendre du côté de Mesquer. Mon du jour est presque relevé. Je dois maintenant répondre présent au rendez-vous du Dimanche matin… Je détourne mon attention de la douleur et de la fatigue. Quelqu’un compte sur moi pour l’accompagner dans sa victoire du jour !

Présent au rendez-vous !

4 commentaires sur « Marcher au clair de lune… sur 70 km ! »

  1. Bel effort. Le goût de l effort.la joie de la réussite .le défi a soit même.et le partage dans la joie et la souffrance.bel état d esprit.comme souvent dit ce n est pas l objectif qui compte mais le chemin pour l atteindre.
    Au plaisir de te lire sur de nouvelles aventures.Bonjour a Nico 😜🎷

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    1. Merci Dominique, c’était top !
      En plus de ça, j’ai fait le lien (en marchant la nuit) que c’était toi qui commentait sur mon blog !!!
      Content d’avoir partagé un bout d’aventure avec toi.
      A bientôt !

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