Ce matin je me fais un troisième café.
Pas dans mes habitudes. Pas non plus pour m’exciter plus.
Au contraire, depuis qu’on est arrivé dans la pampa argentine hier, le paysage brut et désertique m’a directement invité à ralentir.
Donc ce matin c’est un troisième café… Mais surtout un troisième prétexte pour rester assis un peu plus longtemps face au soleil qui émerge derrière les montagnes.
Voilà un peu plus de trois mois qu’on s’est installé dans notre nouvelle vie à Santiago du Chili.
En 3 mois, j’ai trouvé un logement pour notre famille, lancé une activité de coaching, intégré des associations, créé des projets, exploré des sommets… et même couru un Ultra Trail. Bref, j’y ai trouvé une dynamique de vie riche et intense.
Mais peut-être un peu trop.
Assis avec mon troisième café dans ce Far West sud-américain je réalise que, ces derniers temps, l’action a complètement pris le pas sur la contemplation.
Au croisement d’une urgence de profiter de chaque instant au Chili et d’un environnement hyper stimulant dans la capitale, l’intensité qui m’est si chère s’est trouvée teinté d’une quête d’optimisation et de performance.
Autrement dit : l’instant ne se suffisait plus à lui-même, il était essentiellement passé au service du moment suivant.
Mais ici c’est différent.
Je fini la dernière gorgée de ma tasse, enfile mes baskets et file vers le point haut le plus proche.
L’effort est brut et dénué de superflu.
Pas de chrono, juste ressentir.
Ici c’est le royaume du silence, seulement interrompu par le bruit de mes pas sur les cailloux et celui ma respiration qui s’ouvre un peu plus à l’approche du sommet.
Arrivé en haut je m’arrête un bon moment. Chose que je n’avais plus fait depuis longtemps.
Soudainement je n’ai plus besoin de rien d’autre.
Seul l’effort simple au cœur des montagnes et du silence me suffit.
Au milieu du calme, mon mental habitué à la réflexion se réveille par intermittence.
« Qu’est-ce que je peux faire de ça ? »
« Comment est-ce que je pourrais transmettre cette paix m’habite en ce moment ? »
Quelques idées de plus me viennent.
Mais en descendant, je décide de les laisser derrière moi sur le sentier. J’enlève mon t-shirt et je fonce en courant dans le canyon.
Je me sens vivement, pleinement contenté par un effort simple au cœur d’un paysage sauvage.
Ça fait longtemps que je ne me suis pas senti aussi bien.
De retour…
Comme par coïncidence, ça faisait aussi longtemps que je n’avais plus pris le temps d’écrire.
Je pourrais chercher à comprendre, à analyser, à tirer quelques enseignements de cette matinée.
Mais je crois que je vais simplement m’en tenir là.
Un troisième café pour rester un peu plus longtemps avec le soleil levant…
Puis quelques kilomètres dans les montagnes et cette sensation rare de n’avoir rien d’autre à faire que d’être exactement là où je suis.
Ça me rappel une nouvelle fois que, pour vivre pleinement, il n’y a rien ajouter.
Il suffit juste de revenir à l’essentiel.
Ce matin ça s’est traduit par un effort simple pour me sentir vivant !
