Mes enfants ne prennent pas l’escalator.
Enfin si.
Ils le prennent… à l’envers.
Pendant que les adultes montent tranquillement, immobiles sur une marche, eux se lancent un défi : atteindre le sommet malgré le tapis roulant qui les repousse vers le bas.
Ils rient.
Ils accélèrent.
Ils recommencent.
Et sans le savoir, ils viennent de transformer un objet banal en terrain de jeu.
C’est peut-être là que commence le mouvement opportuniste.
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On imagine souvent que le mouvement se pratique dans des lieux dédiés.
Une salle de sport.
Un stade.
Un sentier.
Comme s’il fallait attendre le bon endroit, le bon moment ou la bonne tenue pour bouger.
Pourtant, le monde est déjà rempli d’opportunités.
Un muret devient une poutre d’équilibre.
Une branche invite à une suspension.
Un rocher donne envie de grimper.
Un sac de courses se transforme en farmer carry.
Le mouvement n’a pas besoin d’être programmé.
Il attend simplement qu’on le remarque.

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Ce qui est fascinant, c’est que les enfants n’ont pas besoin qu’on leur apprenne cela.
Ils le voient spontanément.
Là où nous voyons du mobilier urbain, eux voient des possibilités.
Ils n’exécutent pas un entraînement.
Ils explorent.
Ils jouent.
Ils expérimentent.
Ils dialoguent avec leur environnement.

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En grandissant, quelque chose change.
Nous devenons très efficaces.
Très organisés.
Très rationnels.
Et sans nous en rendre compte, nous cessons parfois de voir les invitations discrètes que le monde nous adresse.
Nous passons devant une barre sans penser à nous y suspendre.
Nous contournons un muret plutôt que de marcher dessus.
Nous prenons l’escalator… sans même nous demander s’il existe une autre manière de monter.
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Le mouvement opportuniste ne consiste pas à faire plus de sport.
Il consiste à changer de regard.
À retrouver cette petite question qui ouvre toutes les portes :
« Et si… ? »
Et si je montais les escaliers deux par deux ?
Et si je traversais ce parc autrement ?
Et si cette branche devenait un agrès ?
Et si ce banc devenait un obstacle à franchir plutôt qu’un endroit où s’asseoir ?

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Je ne cherche pas à redevenir un enfant.
Je cherche à retrouver ce qu’il savait naturellement.
Sa curiosité.
Son goût du jeu.
Sa capacité à dialoguer avec le monde à travers le mouvement.
Parce qu’au fond, je crois que le mouvement est un langage.
Et qu’il suffit parfois de changer de regard pour découvrir que le monde entier nous parle.
À nous de répondre.
Action !
